dimanche 30 octobre 2011

Ecoute audiophile sur Internet, est-ce réellement possible ?

Dans la sphère étendue des services qu’offre internet, de nouvelles applications apparaissent chaque jour. Ces innovations sont pour la plupart morte nées ou pour certaines s’épanouissent avec le temps en ayant de beaux jours devant eux. L’audiophile à la recherche de l’expérience dématérialisée se pose donc naturellement la question de savoir où se trouve la frontière de la reproduction en mobilité et c’est à ce titre que tout naturellement j’ai procédé à quelques essais de services émergeants.

Depuis de nombreuses années, l’informatique centralisée existe. A l’ère des vieux systèmes à l’image des IBM et autres Digital pionniers en matière, le regroupement des ressources a eu ses jours de gloire. Loin d’inventer la poudre, mais simplement de porter le concept sur l’architecture ouverte d’internet, le data center d’hier devient le Cloud. Ni plus ni moins qu’un lot de services hébergés en nombre et accessibles de partout, il met à disposition des ressources privées ou publiques avec plus ou mois de sécurité. Ce type de service à du sens dans la mesure où la bande passante à disposition de l’internaute est à la mesure d’une qualité de service attendue. En effet, quel intérêt peut –on trouver à accéder à des ressources centralisées si celles-ci ne sont par moment que mal ou pas accessibles ? La question se pose d’autant plus que lorsque l’on est face à un flux audio ou vocal, la rupture du flux est quasi inacceptable. Nous savons tous que la musique en haute résolution consomme une bande passante importante de plusieurs Mb/s, 1410 environ pour un CD et pour ce qui est des plages au format master, l’escalade est assez rapide et hors de portée du flux montant d’un accès internet ADSL courant.


Pour tenter de réduire les flux d’échange au maximum, au-delà de proposer une offre de diffusion multi-destinations, offre une lecture à partir de notre propre ordinateur familial. Cette solution consiste à dédier (ou non) un ordinateur du domicile branché en permanence sur Internet. Sur cet ordinateur, on dispose d’une copie d’ensemble des plages numérisées ou bien d’un accès vers le réseau local du domicile. Sur ce dernier se trouvent les plages stockées soit sur un autre ordinateur, soit sur un NAS. Un logiciel fournit par l’éditeur, catalogue, énumère et effectue des statistiques d’utilisation en permanence, puis transmet ces informations sous forme d’enregistrements de base de données vers un service central du Cloud qu’il infogère.

instance installée sur le PC

Ainsi, de n’importe quel périphérique connecté sur internet, téléphone, PDA, PC, Mac, Tablette, vous pouvez accéder aux informations de votre bibliothèque personnelle soit à l’aide d’une application spécifique, soit par tout navigateur Web supportant Java.

frontal de sélection de la musique par client Web

Une fois la liste de lecture sélectionnée, l’application hébergée sur le Cloud communique avec votre ordinateur et effectue une diffusion en temps réel de la musique vers la destination de votre choix.

lecteur web en action

Pour diffuser de la musique au format CD depuis votre domicile, inutile de dire que la bande passante  ADSL standard est insuffisante car, d’une part non garantie et d’autre part trop juste pour une utilisation d’autres services utiles en parallèle. Ce type d’engagement n’a du sens que pour les quelques compatriotes déjà câblés en fibre optique et disposant d’un débit montant supérieur au 1Mb/s généralement offert sans grande garantie de débit.

Pour les autres, il existe d’autres solutions. Il est par exemple possible de souscrire à un service complémentaire proposant de stocker vos données audio sur le Cloud. Une bibliothèque d’environ 1000 disque occupe environ 300Go une fois compressée et taguée. Louer 300Go d’espace disque annuels peut coûter cher…notamment avec un débit d’accès garanti à haut débit. Le cas échéant, il faudra simplement accepter les ruptures de son régulières auxquelles l’on risque d’être confronté.

Afin de bien évaluer le niveau de complexité en déplacement, j'ai porté mon attention sur l'application iPhone fournie gratuitement avec le service Audiogalaxy dont nous allons parler plus en détail ci-après. Celle-ci offre une niveau d'ergonomie très semblable au lecteur intégré, avec un accès aux listes de lectures, au classement par artiste :

 

ou par album en n'omettant pas l'affichage des pochettes fort pratique :


Lors de la section d'un album, les plages sont affichés et présentées soit à l'écoute directe, soit à l'ajout à une liste de lecture via l'icone + :


Lors de l'écoute la navigation est aisée et réactive (arrêt/démarrage). La lecture commence quelques secondes après la demande :


Naturellement le service offert à distance se limite pour le moment à transcoder les fichiers sources sous forme de flux compressé à plus ou moins grande vitesse selon les fournisseurs de services. Les fichiers en haute résolution n’étant pas par essence capables de circuler à grande vitesse et d’autre part même pas supportés en lecture par les périphériques portables courants, il faut donc se résoudre à cette dégradation loin d’être audiophile. Pour compenser le fait que la vitesse puisse être un frein, tous les clients développés sur plateformes portables utilisent le mécanisme de la mise en mémoire tampon intensivement, un peu à la manière de celle utilisée pour les vidéos. La lecture démarre uniquement lorsque le tampon local est suffisamment rempli et que la vitesse de remplissage est satisfaisante. Au dessous d’un certain seuil, ce sera « le sablier »… et la frustration qui y est attenante !

Dans le cadre de cet article je me suis donc penché plus précisément sur le service en cours d’émergence Audiogalaxy qui est le seul à proposer d’émettre des flux à partir de fichiers de qualité supérieure. Audiogalaxy propose une flexibilité d’usage et de positionnement des plages sonores intéressante. La version que j’ai testée se fait à travers la mise la mise en place d’un service hébergé sur mon propre réseau local à travers un NAS. La machine est connectée en permanence sur Internet par un accès câblé :


Le service proposé par Audiogalaxy diffère des offres généralistes en ce sens que le format utilisé pour le transfert des données n’est pas un simple streaming MP3 mais s’appuie sur un protocole de diffusion sécurisé sur IP encapsulant un flux Ogg Vorbis (http://xiph.org/vorbis/doc/). De ce fait, le transfert de fichier se fait avec un mécanisme de reprise sur erreur sur les transferts encapsulé et les données sont cryptées par SSL. La consommation en termes de bande passante et de disponibilité pour le contrôle de cohérence est de l’ordre de 1 à 2% et n’incite donc pas à une quelconque retenue sur ce point particulier. De plus la qualité du flux audio transmise est apparemment  meilleure que celle d’un fichier MP3 lorsque la source était à l’origine sans perte, le fichier source est encodé à la volée en Ogg Vorbis sur le serveur puis transmis de manière sécurisée.

relevé des échanges de paquets pendant la lecture
(en abcisse le temps, en ordonnée les paquets par seconde)

La première remarque consiste à noter que toute demande de lecture, qu’elle que soit sa provenance passe par Internet. Que l’on soit sur le même réseau local ou pas, la demande transite par le service central qui gère la transcription au format Ogg Vorbis en temps réel. Du coup, deux flux s’entrecroisent un montant pour pousser le fichier et les informations de base de données vers le Cloud et l’autre descendant pour revenir vers le périphérique portable. Dans cette configuration, le fait d’être sur le même réseau n’est pas exploité, la notion de point à point n’existe pas et il n’y a pas d’optimisation du transport un peu à la manière des réseaux voix sur IP. Du coup, il faut faire très attention à gérer son forfait 3G lorsque celui-ci n’est pas réellement illimité sur les périphériques mobiles et bien noter si la réception est bien par wifi et pas par les ondes !

Le point fort de la solution est que MP3 320, FLAC, AAC, WAV, tout format considéré comme vecteur potentiel de son audiophile est couvert et l’on appréciera le fait que les plages au format FLAC master 24/88.2, 24/96, 24/176.4 et 24/192 sont également correctement lues et transcodées sur les périphériques portables. Audiogalaxy propose une option sur le client du téléphone mobile permettant de choisir entre les qualités de flux bas ou haut débit pour l’encodage Ogg Vorbis à la volée. Quelques mesures montrent que le débit sur le réseau ne varie pas sensiblement, seul le volume de paquets émis varie.

Le fait de ne pas disposer d’autre chose que d’option compressée est au final frustrant et ne permet pas encore d’envisager de distribuer sa bibliothèque à plusieurs pièces ou localisations géographiques avec une qualité identique. L’ouverture au multi-room ou multi-location semble pour le moment compromise par le modèle économique. Du fait que tout un chacun ne peut imaginer installer un accès 100Mb/s synchrone dédié à son usage personnel à chaque endroit qu’il fréquente régulièrement. Il est cependant fort intéressant de noter que cela ouvre sans aucun doute une meilleure visibilité sur la manière dont nous pouvons envisager de gérer nos déplacements, soient pédestres, soit par transport privé ou public. A partir du moment où l’accès 3G fonctionne et que l’on peut transférer un fichier à plus ou moins haute vitesse, on est capable de récupérer un fichier transcodé tamponné en mémoire d’un téléphone et écouter facilement une liste de lecture sans rien avoir de stocké sur le périphérique en question en permanence, sans avoir à synchroniser quoi que ce soit non plus d’une station fixe.

Si l’offre pléthorique d’écoute que proposent Amazon ou Google en test pour le moment semble séduisante dans ce cadre d’utilisation nomade, à l’usage, nous savons tous que nous écoutons fort probablement assez souvent la même chose. Le seul acteur français avançant à tâton, Qobuz, ne propose qu'un service limité de diffusion via site Web et client flash... Même si les annonces prévoient un service de qualité supérieure au 128Kb/s généralement offert, on restera sans aucun doute sur notre faim face à un service pensé avant tout commercial et pas visionnaire pour un sou.
Nous savons d'autre part que nos plages préférées se comptent aisément et qu’au final, trop de choix, tue l’envie et suscite l’indécision. Les services existants actuels de streaming sont suffisant pour l’étape de la découverte surtout revêtue de son aspect artistique, mais pour un audiophile averti, les besoins sont au final tout autre. La recherche de qualité, de plaisir musical prime sur la taille de l’offre. Le label de qualité prend le dessus sur la foultitude de titres, la note technique vient même quelquefois chez quelques uns supplanter la note artistique et sanctionner l’écoute…

En conclusion, à l’aube de l’année 2012, on notera donc que le service n’est pas encore adapté à l’usage purement audiophile et qu’il convient donc de le considérer comme un laboratoire d’essai, comme un premier pas en attendant que la connectivité et la qualité soit au rendez-vous. Seul Audiogalaxy semble comprendre le besoin dans sa globalité au delà des préoccupations purement commerciale et réfléchir à ce que doit être un service facile, adapté et personnalisé. Gageons que d’ici quelques temps, le système de lecture et de streaming intégré portera toute son attention à reproduire la musique avec grande attention et pas seulement de nous la mettre à disposition pour mieux nous la vendre...

dimanche 9 octobre 2011

JPlay lecteur audiophile

Edition du 10 Octobre 2011: modification de quelques impressions sur la coloration du bas medium en version 3.3. La nouvelle version 3.4 est plus neutre à ce titre, moins projetée mais également légèrement mate.

Du fait de la prolifération des produits dits audiophile, il nous semble important de porter notre attention sur le marché et préparons d'autres articles sur d'autres lecteurs d'ici peu.

Nous savons tous par expérience que les lecteurs actuels tels que foobar2000, J.River ou iTunes proposent une restitution sonore excellente mais certes pas exceptionnelle. Au delà des évolutions proposées par ces derniers, leur habilité à reproduire la musique audiophile reste intrinsèquement limitée vu le nombre important de processus d'affichage ou de recherche d'information mis en oeuvre. De plus leur architecture interne qui intercale des appels, même à vide, à de nombreux filtres et DSPs, il est difficile d'optimiser la latence des échanges au maximum. A première vue, d'un point de vue purement informatique, le fait d'accumuler des tâches en parallèle et de faible priorité ne devrait pas entraîner de différence audible. Un processus de lecture fonctionnant à 24bits/192KHz, c'est à dire constitué d'échantillons de 24 bits toutes les 5,2 µs génère sur un flux stéréo un débit constant de  9,2Mb/s. On peut donc en déduire que ce n'est pas sur le débit lui même que ce genre de lecteur travaille vu les 50Mb/s (réel) disponibles en quasi exclusivité sur le bus USB 2.0, mais plutôt sur la régularité des émissions.

Le principal problème que l'on peut soulever est que nombre de processus potentiellement incontrôlables sont lancés chaque seconde soit par d'autres applications périphériques, soit par le système d'exploitation lui-même. Depuis l'apparition de Windows Vista, puis de Windows 7, le système est pensé pour apporter une notion réelle de priorité et d'interruption des échanges possible ou non. De ce fait; il est possible de programmer des sections critiques dans les échanges et d'assurer une plus grande régularité des échanges entre mémoire et périphériques. Pour exploiter ces éléments au mieux, on comprends aisément qu'il est nécessaire de sacrifier toute ou partie de l'affichage.

Les nouvelles générations de lecteurs s'affranchissent donc des affichages pour se concentrer sur la restitution musicale. Jplay est un des précurseurs de cette nouvelle génération de lecteurs centré avant tout sur la restitution du son et non des fioritures associées à la navigation et le multimédia. Marcin Ostapowicz et Josef Piri deux développeurs qui à l'origine se sont croisés sur un forum sont à l'origine du logiciel . Vous trouverez un article avec quelques informations sur leur histoire sur le lien suivant : Enjoy The Music

Le principe défendu par les concepteurs est qu’il est possible à l’aide d’un simple PC et d’un équipement de lecture dématérialisée de réaliser un transport audiophile d’exception. Dans ce but, JPlay contourne l’ensemble des mécanismes reconnus comme ayant une influence néfaste sur la musique dématérialisée avec brio, la technologie est à la pointe de ce qui se fait actuellement :
  • Décompression complète de la plage à lire intégralement au format PCM de façon à ne pas consommer de cycle de conversion en parallèle du transfert des données
  • Réservation mémoire contigüe de larges pages de mémoire afin de réduite la latence d’accès au minimum
  • Implémentation de mécanisme pour limiter les tâches périphériques de l’OS Windows pour éviter la latence
  • Augmentation de la priorité du processus de lecture au maximum pendant la lecture
Le lecteur propose une version 32 ou 64 bits pour Windows 7 uniquement. Ce choix est je pense très judicieux car c’est le seul OS Microsoft qui propose une réelle réduction de latence et priorisation de processus effective. Les essais menés à base de Windows 8 sont également fort prometteurs.

L’ensemble des paramètres et des modes choisis sont stockés dans un fichier pour éviter les réglages à chaque démarrage. Le choix du fichier est discutable, notamment oblige à démarrer le lecteur dans le même répertoire et complique les intégrations. Un mode à clé de registre aurait été judicieux sachant que le logiciel est dédié à Windows… en complément le lecteur en raison de ses différents contrôles sur l’OS nécessite d’être exécuté avec un utilisateur ayant des privilèges d’administration.

Assez original, un mode de lecture dit d’hibernation propose également de focaliser l’ensemble de la puissance CPU pendant le temps de lecture sur les processus du lecteur. Un peu à la manière d’un lecteur intégré, il peut être complété par un mode Overdrive, qui force l’ensemble de la puissance CPU à tourner au maximum sur les processus du lecteur. Le résultat escompté est de minimiser la latence de l’OS au maximum et par conséquent obtenir un transport quasi parfait. Pendant ce temps, il est impossible d’interrompre la lecture sauf à poser le lecteur sur une clé USB externe et retirer la clé…



Le contrôle du lecteur reste très spartiate avec un minimum d’interface et de commande. Lecture/Pause/Stop et c’est tout, aucun compteur, aucune télécommande, juste une commande au clavier. Quelques macros externes permettent d’agrémenter l’utilisation, mais naturellement sans grande amélioration. Le fait de ne pas disposer d’une interface de sélection préalable à la lecture reste une interrogation sans réponse… Pourquoi cette attitude de puriste sans compromis, la mécanique de lecture actuelle peut s’agrémenter d’un bon système de sélection sans amputer la qualité de lecture !

Notons également que le temps de préchargement de la musique au format décompressé peut quelquefois être assez long, il semble préférable de préparer une liste de lecture au préalable surtout lorsque les plages sont en haute résolution.

D’autre part, plusieurs paramètres permettent d’ajuster au mieux la mécanique de lecture :

En premier lieu un paramètre permet de régler le niveau de mise en mémoire tampon avant transmission au pilote WASPI ou Kernel Streaming. Ce dernier service me semble être celui présentant suite à mes tests le meilleur résultat sonore. Plus le tampon est faible, moins la latence est importante. Ce paramètre donne des résultats différents selon son réglage, sur tous les tests le mode DirectLink a donné les meilleurs résultats.
En second lieu, un second paramètre permet de choisir entre deux moteurs de lecture. Le premier baptisé River propose une restitution légèrement colorée sur le bas medium et lissant agréablement les plages les plus compressées. Le second Beach, s’avère plus transparent et droit, la séparation des instruments est plus évidente mais naturellement n’arrondit pas les angles. Deux écoutes qui conviendront en fonction des équipements. En ce qui me concerne, je trouve la seconde (Beach) plus en adéquation avec l’idée de ce que l’on se fait d’un transport transparent et musical.

Enfin, un troisième paramètre permet d’ajuster la latence d’échange jusqu’à la valeur minimale de 0,5ms qui convient fort probablement à toute machine moderne. Ce paramètre joue d’ailleurs considérablement sur le résultat.

Nous avons essayé de le prendre en défaut sur l'écoute de plages dont l'enregistrement est moyen, classique en musique de variété française (voir copie d'écran), sans succès, l'impression de présence est exceptionnelle. A y regarder de plus près il s'agit d'une signature tout à fait propre au lecteur qui amène une légère coloration du bas medium et un détourage "projeté des images".   Une fois habitué à la signature sonore, dans tous les cas de figure (Beach ou River), la qualité de restitution est excellente, proposant une répartition spatiale des instruments extrêmement précise à l’image de ce que l’on voit sur les produits très haut de gamme en lecteur intégré. La qualité des timbres semble parfaite sans aucune coloration avec une impression de vrai. Les voix sont reproduites avec une grande précision, la foultitude de micro-détails contribue clairement à son naturel dans ses moindres inflexions.
Dans le mode River, la restitution est légèrement différente de celle proposée sous le nom Beach. Le mode River offre une image stéréo légèrement plus tassée, le bas du spectre est légèrement plus présent de ce fait la clarté des informations de plans est légèrement atténuée. Cependant, les micro-détails sont bien présents, proposant une restitution au final au timbres assez mats.En mode Beach l’ensemble des micro-détails qui contribuent à l’ambiance comme les bruits de salle ou les applaudissements sont particulièrement bien reproduits et rendent un naturel confondant à la musique quelque soit le niveau de l’équipement. De plus, l’impression d’étalement des plans sonores sort renforcée même dans le cas de plages CD compressées et tout particulièrement réaliste et précise sur les plages en haute résolution de 24 bits. Naturellement dans ce mode, tout défaut ne pardonne pas au niveau de l'enregistrement, ce qui fera préférer à certains le mode River au mode Beach. Les puristes s'attacherons certainement à privilégier le mode Beach.

Pour ce qui est de la bande passante suggestive, elle semble très bonne, le bas du spectre ferme et naturel, sans boursouflement, le haut du spectre sans aucune dureté numérique ou sensation d’écourtage, le medium riche et naturel. Le résultat de l’ensemble prêche à la faveur d’une réelle holographie dans la restitution que l’on trouve en général uniquement sur les systèmes à tube et muni de système de HP à pavillon. En version 3.3, l’impression de 3D est saisissante pourvu naturellement que le système ampli/hp utilisé en soit capable un minimum. D'un mode et d'une version à l'autre on peut s'apercevoir que l'effet est quelque peu artificiel, mais qu'importe, il contribue à la signature de restitution du lecteur dans cette version. La version 3.4, plus mate par nature, n'offre pas une image aussi tridimensionnelle, mais certes plus réaliste. On notera à juste titre qu'elle apporte un côté plus naturel et posé à la restitution sur du matériel neutre.

Enfin, qu'en est-il exactement du mode hibernate? L'activation de la CPU à vitesse maximale n'a pas changé fondamentalement la restitution lors de nos essais. Une écoute attentive à plusieurs reprises révèle une subtile différence avec les modes River et Beach. Nous constatons une légère extension de l'extrême grave avec une restitution qui nous semble au final un peu moins équilibrée mais qui présente sur le medium et les timbre une très légère amélioration. Cette dernière se situe non pas au niveau de la clarté, mais de l'aération. Les voix sont légèrement plus charnelles, ce qui me fait dire qu'il s'agit là non pas d'un pas supplémentaire mais d'un mode complémentaire avec une restitution encore différente. Le choix s'impose donc selon votre goût personnel !

En version 3.4, de nouveaux paramètres apparaissent permettant de gérer quelques éléments complémentaires pouvant se révéler utile. Ainsi, une fonction permettant une atténuation du volume à la base sur le flux au moment de la lecture des plages en mémoire calcule à l'avance la réduction de volume. Ceci permet ainsi de conserver des échanges bit perfect/bit true sans calculs en temps réels susceptibles de contrarier la restitution. 
Une seconde fonction permet également d'appliquer un algorithme d'inversion de phase. Selon les montages et les plages écoutées, la restitution peut s'en trouvée améliorée. Naturellement il est difficile de jouer d'un morceau à l'autre sur ce paramètre et il convient en principe juste d'ajuster l'installation des cascades appareils (ampli/premapli/transport).
Enfin, un dernier paramètre Throttle, assez utile permet de se rapprocher du mode d'hibernation en forçant le maximum de processus pendant la lecture à passer en priorité basse. L'influence est notable lors de mes tests sur les PC qui bénéficient de CPU performante, notamment à partir de Core 2 Duo. Sur les machines à processeur plus bas de gamme, la différence n'est me semble-t-il pas très audible et le système montre parfois quelques instabilités du fait du manque de ressources disponibles aux processus annexes. Je déconseille donc son utilisation systématique. Notons également que la restitution est plus aérée et le bas du spectre plus ample lors de son utilisation sans présenter la rondeur un peu perfectible observée en mode d'hibernation complet.

Notons également que sur les DACs testés, même ceux d’une qualité modeste bénéficient de ce transport 100% informatique. On atteint un degré de restitution fort naturel en utilisant des produits déjà d’un certain niveau. Ceci conforte dans l’idée qu’en travaillant le transport, le DAC ne semble plus si essentiel à donner l’émotion musicale.

En Conclusion

Ce lecteur prouve une fois de plus que le transport est essentiel et en combinaison avec un traitement d’exception tel que celui que propose Audiophileo ou M2Tech, le résultat est tout simplement exceptionnel et digne des meilleurs équipements en CD d'un prix raisonnable qu'il m'est venu d'écouter. Ces derniers sont d’ailleurs littéralement dépassés dans le cas de plages haute résolution sur lesquels ils ne peuvent clairement rivaliser.

Un produit à conseiller sans modération si tant est que l’on accepte de nombreuses manipulations manuelles et de sacrifier à une utilisation toujours plus conviviale que proposent les produits tout intégrés.


jeudi 6 octobre 2011

Contrôle actif du démarrage des programmes sur le PC Audiophile

Le contrôle actif de l’exécution des logiciels au démarrage apporte une certitude sur l’enchainement des éléments lancés en plaçant ceux qui nécessitent par exemple une réservation mémoire contigüe et large en tête.

Sur Windows, il existe plusieurs zones qui déterminent les éléments à lancer sans pour autant assurer une priorité entre eux, le séquencement étant assuré avec une fiabilité minimale. Nous proposons de contrôler le processus de lancement complètement à l’aide d’un utilitaire simple et fourni par la société r2 Studio, Startup Delayer.

Notez qu'étant donné la très mauvaise traduction française du logiciel, j'ai choisi de le laisser en anglais.

Pour vous aider à déterminer quelles sont les programme lancés au démarrage et actifs sur votre ordinateur, Startup Delayer dispose d’onglets présentant les programmes lancés et la mémoire qu’ils occupent (Running Tasks) :


Ensuite, un second onglet présente les applications programmables au démarrage. C'est cet onglet sur lequel nous allons principalement travailler.

Sélectionnez votre utilisateur connecté pour l’utilisation du lecteur audiophile :


A l’aide de la souris, glissez-déplacez les programmes dans la zone d’exécution tardive selon l’ordre souhaité.  Dans l'exemple suivant le dernier programme est placé en position 10 :


Startup Delayer permet de créer 3 groupes de démarrage, 
  • Un premier contenant les éléments que l’on souhaite désactiver. En pratique il est par exemple intéressant de couper l’exécution des accélérateurs logiciels et mises à jour automatiques java, installshield, quicktime, apple iTunes helper et autres adobe acrobat.
  • Un second contenant le pool de logiciels à lancer sans ordre particulier, l’idéal étant de le réduire aux tâches relatives au système et celles nécessitant une réservation de plage mémoire prioritaire. Cette zone n'a finalement que peu d'intérêt dans la mesure où l'on ne peut pas y contrôler l'exécution.
  • Un dernier où se trouvent les applications à lancer avec délai après démarrage et leur donnant un ordre et en définissant le taux d’utilisation minimum cpu et disque disponible pour autoriser leur lancement respectif.
Un paramétrage optionnel global ou individuel sur chaque tâche permet également de bloquer l’exécution des tâches avec délai tant qu’un certain nombre de processus ne sont pas explicitement lancés depuis un certain temps. Cette dernière option en combinaison avec un lancement séquencée permet d’assurer une maîtrise complète du démarrage.

paramètre global des options

Pour les personnes qui utilisent un lecteur audiophile, il conviendra de mettre ce dernier en démarrage automatique et dans la première zone (démarrage avec délai). Le lecteur aura ainsi tout loisir de s’initialiser en maximisant les chances de fragmenter la mémoire qu’il utilise au minimum du fait que les autres tâches ne sont pas lancées. De cette manière les réservations de mémoire des autres tâches seront également décalées.

A titre d'exemple et pour illustrer son utilisation, pour ce qui est du classement des programmes à lancer, je recommande le classement suivant issu du PC Audiophile : 

Ouvrez le logiciel Startup Delayer, puis rendez-vous sur l'onglet Startup Applications pour classer les programmes à démarrer de la zone avec délai.

Ajoutez le lecteur audiophile JPLAY manuellement en le plaçant en tête : jplay.exe, 

Dans l'onget General de l'application jplay.exe veillez à bien régler le répertoire de démarrage rigoureusement au même endroit que celui où se trouve jplay.exe pour que les paramètres puissent être lus au démarrage correctement : 


 Dans l'onget Wait, cochez la case stipulant qu'avant de lancer d'autres processus, le système doit attendre que l'application soit complètement chargée. C'est indispensable pour être certain que la réservation mémoire soit faite avant celle des autres applications :


Une fois le logiciel de lecture enregistré, créez une liste des programmes de configuration relatifs à vos cartes son, dans l'exemple suivant on note l'adjonction d'un panneau de configuration de carte son externe :


Ajoutez ensuite l'automatisation des touches du clavier Autohotkey. Reportez-vous à l'article sur ce produit du blog pour sa mise en oeuvre.


Tapez CTRL+P pour ouvrir les propriétés du programme et modifiez la priorité d'exécution, cochez Launch with  highest privileges :


Cliquez sur Save pour enregistrer les modifications.
Ajoutez ensuite les programmes spécifiques relatifs à l'exploitation matérielle de la machine, outils constructeurs, etc... :


Insérez ensuite l'anti-virus dont la supervision ne va plus gêner particulièrement au démarrage des programmes suivants.


Listez ensuite les panneaux de configurations de la carte vidéo, pilote des boutons du clavier supplémentaires, etc...


Ajoutez enfin votre lecteur audio (J.River, foobar, etc...), cliquez sur le bouton Add new. Recherchez le programme exécutable correspondant. Dans l'exemple suivant il s'agit de foobar2000.

Dans l'onget Launch details, sélectionnez le mode de démarrage Normal :


Dans le champ Start In, entrez le chemin d'accès où se trouve foobar2000 à nouveau :


Cliquez sur Save, votre application apparaît désormais dans la zone d'exécution normale et sera lancée en fin de traitement.


Votre séquence de démarrage est maintenant terminée, pour permettre un test complet, vous devrez redémarrer la machine impérativement.

AutoHotkey, automatisation de commande

Autohotkey est une solution complète permettant d'automatiser la saisie de combinaisons de touches.

Dans le cadre de l'utilisation du PC Audiophile, la génération de touches peut être utile notamment pour les utilisateurs qui souhaitent pousser l'intégration de leur ensemble audiophile avec foobar et y intégrer JPlay. Je reviendrai sur JPplay en détail sur un article complet, mais je vous présente en premier lieu les outils utiles à son exploitation dans de bonne condition.

Autohotkey dispose d'un langage très complet de macro-commandes. A l'aide de ces commandes il est possible à la fois de manipuler les fichiers, simuler des frappes de touches mais également d'influer sur l'affichage des fenêtres de l'ordinateur. Il existe plusieurs versions à charger selon les besoins. Je conseille de prendre la version étendue.

Suivez la procédure d'installation pas à pas, lancez le programme d'installation, cliquez sur Next :


Cliquez sur I agree :


Sélectionnez le type de codage souhaité, sur un système 32 bits, laissez la sélection par défaut, optionnellement sur Windows 7 64 bits, vous pouvez sélectionnez des scripts en 64 bits (ce qui n'apporte rien à part une perte de portabilité). Cliquez sur Next :


Cliquez sur Next :
Cliquez sur Next :
 Cliquez sur Install :

Cliquez sur Finish :

Il est également possible d'enrichir Notepad ++ de la syntaxe Autohotkey en installant le moteur de syntaxe que vous pouvez trouver ici.

Lancez Autohotkey, une fenêtre va s'ouvrir et demander si vous souhaitez créer le script d'exemple, sélectionnez Yes :


Le bloc note va s'ouvrir avec le fichier Autohotkey.Akh. Videz son contenu et collez le script suivant :

Copier + Lecture :

^!c:: 
Send,^c 

SetTitleMatchMode 1


IfWinExist jplay
{
    WinActivate
}
else
{
    Run C:\Users\AUDIO\foobar2000\jplay.exe
    WinWait jplay
    WinActivate
}


Sleep, 1000
Send,{space}


Exit App

Notez que dans le script précédent, vous devez remplacer le chemin d'accès au lecteur par le votre (C:\Users\AUDIO\foobar2000\)


Attention, pour que le programme soit capable de transférer les touches à toutes les applications et notamment à celles qui s'exécutent en mode privilégiés, il est impératif d'exécuter le processus avec un privilège d'administration. Pour ce faire, ouvrez les propriétés de l'icone de l'application :



et dans l'onglet Compatibilité, cochez l'option Exécuter en tant qu'administrateur :




Lancez ensuite Autohotkey dans le groupe de démarrage de votre ordinateur afin que celui-ci soit exécuté automatiquement. Depuis foobar, toute pression de la combinaison de touche CTRL+ALT+C sur une liste de lecture ou une piste déclenchera l'exécution de JPlay et la lecture dans la foulée.

lundi 3 octobre 2011

Banc d'essai - Câble HP Esprit hight End Audio Celesta

Esprit High End Audio est sise a Bauné dans le 49 ou se trouvent ses ateliers de fabrication (tout est fabriqué manuellement en France), l’auditorium pour les tests et la partie administrative. De longue tradition dans la fabrication d’accessoires et de câbles pour l’environnement audiophile, après les RendistoRs, je vous propose un petit compte rendu d’écoute des produits de la gamme Celesta. Ce dernier article concerne le câble pour HP.


Le câble est d'apparence fort imposant par sa section et son poids soigneusement assemblé dans une gaine PET noire et rigidifié à l'aide de gaine thermo rétractable à ses extrémités. 




On distingue à son extrémité, passé sous gaine thermo-rétractable des conducteurs rigides tressés par 2 assemblés à l'aide de bananes plaquées à l'argent. Les données constructeur précisent qu'il s'agit de cuivre désoxygéné à cristaux longs connus pour leur conductivité accrue dans le domaine de l'audio. Le blindage est dit progressif, ce qui n'en dit pas réellement plus long sur la technique utilisée, mais force est de constater en situation que la réalisation s'impose par ses performances. 



Les données affichées constructeur montrent une résistance de 0,043 Ohm/m, la capacitance n'est pas transmise. difficile donc d'en tirer une quelconque conclusion sur le point purement technique, si ce n'est que dans l'absolu la résistance est tout de même très faible sur deux ou trois mètres.

Livré avec des bananes, nous regrettons qu'il ne puisse y avoir le choix d'une livraison avec un conducteur à nu directement à visser sur les borniers. D'ailleurs, à de nombreuses reprises, nous répétons que les essais prouvent que la façon dont sont reliés les câbles fait varier considérablement le rendu final.

L'écoute : 

Comme à mon habitude j'essaie de trouver un qualificatif résumant l'écoute en un mot. Dans ce cas de figure le mot qui vient à l'esprit est douceur. La justesse des timbres est excellente, toujours avec cette impression toutefois plus légère analytique que l'on peut observer sur les câbles de modulation de la même gamme. La scène sonore apparaît ample sans pour autant être d'une extension artificielle ou superfétatoire en profondeur et placée à juste distance sans exagération ni déformation. Les forte sont correctement reproduits mais toutefois manque parfois légèrement de dynamique qui me fait classer ce câble dans la catégorie des câbles mat. N'y voyons pas là un défaut mais simplement un caractère.

Le registre sonore est réellement confondant de naturel, notamment sur le clavecin, avec une extension du registre sonore transmis aux enceintes qui caractérise les câbles haut de gamme. Pourvu que les électroniques soient capable de grandes prestations, le Celesta les suivra avec brio sur ce terrain particulier. Sur cet aspect particulier le soucis du détail et de la justesse allient une douceur à l'écoute qui fait que l'on peut partiellement parler de gommage de la grosse majorité des défauts d'enregistrements et de défauts de mixage (positionnement et répartition stéréo).

Les cuivres sont d'une grande justesse au niveau du timbre, sans excès, l'image est très bien maîtrisés et leur placement aisé à suivre, toujours avec grande douceur. 

Les cordes, le piano et plus généralement les instruments à percussion sont extrêmement bien reproduits avec toujours ce grand naturel. Le délié et la séparation des instruments à ce niveau se laisse deviner sans effort donnant un caractère fort musical à l'ensemble.

Les voix sont bien placées, à nouveau c'est le naturel et la douceur qui vient à l'esprit, sans coloration, avec une transparente justesse qui porte l'écoute au plaisir.

Les micro-informations sont fort détaillées sans projection ou détourage peu réaliste. Sur ce point une foule d'informations totalement inaudibles sur certains autre câbles de gamme inférieure apparaissent. La lisibilité des chants et contre chants se fait avec réelle aisance, sans forcer l'oreille. On notera toutefois que la douceur caractérisant ce câble mitige, je trouve, un peu le réalisme de certains enregistrements applaudissements lorsque la source n'est pas parfaite. On retrouve un équilibre excellent lorsque le transport diffuse les informations au plus près. Là encore, la remarque montre un produit extrêmement transparent qui n'arrondit pas les angles.

Le placement des instruments est ici assez précis et séduira sans aucun doute les amateurs de masses orchestrales où pour peu que l'on dispose d'excellentes enceintes, le rendu est réellement très bon, du niveau du câble YBA Diamond servant de référence sur ce point.

Le rendement semble également au rendez-vous avec une puissance excellemment conservée depuis l'amplification vers des enceintes même réputées molles ou difficile à bouger comme ma paire de ProAc D28. On notera enfin, comme pour les autres produits du même ordre, que la résolution est excellente, le spectre est à priori très large d'un bout à l'autre repoussant les électroniques et enceintes dans leurs deniers retranchement.

En conclusion on peut dire qu'il s'agit ici d'une écoute d'une douceur fort agréable, naturelle également qui séduira certainement les amateurs de musique classique transparente en restitution.Parfaitement en adéquation avec du matériel haut de gamme, il saura rendre justice aux électroniques et enceintes de qualité capable de beaucoup. Il s'agit d'une alternative parfaitement crédible aux câble YBA Diamond qui actuellement sont ceux que j'ai pu tester qui sont le plus uniformes en restitution, légèrement supérieur je pense par certains points mais également sans doute moins tolérants aux électroniques plus typées.