vendredi 23 novembre 2012

!banc d'essai - câbles secteurs Wireworld Stratus et Aurora

Nous savons tous par expérience combien il est polémique de parler de câbles secteurs comme d’éléments à part entière d’une installation audiophile. Il n’en reste pas moins qu’une installation bien soignée à l’aide filtrage ou d’alimentation de qualité apporte une assise supplémentaire aux systèmes dont la résolution en est capable.

Avant-propos

Cela fait plusieurs années que j’hésite à publier des tests relatifs aux accessoires secteurs en bonne et due forme dans la mesure où mon expérience personnelle m’avait en premier lieu guidée au fait que l’effet apporté pouvait être assez différent en fonction des systèmes et notamment selon la qualité du courant.

L'état de l'art

On peut également observer sur le marché des variations de prix conséquentes et la prolifération de constructions plus ou moins originales pouvant atteindre des prix exorbitants, sans pour autant apporter un indéniable plus ou disons si subtil que l’achat n’en vaut pas forcément la peine. 
Toujours à la recherche de modèles pouvant satisfaire à une alimentation protégée des interférences et laissant mes différentes amplifications de test fonctionner sans encombre, j’ai fini par me décider à tester quelques une des câbleries de chez Wireworld, sans aller naturellement chercher dans le plus haut de la gamme.


Au dessus Stratus en bleu, en dessous Aurora en Violet

S’il est élément qui bénéficie clairement d’un câble d’alimentation bien construit, c’est selon mon avis le préamplificateur. Laissant les appels de courants instantanés passer sans encombre vers l'amplficateur, bien isolé des interférences, ce dernier peut facilement transformer une expérience d'écoute en cauchemar. De même, à force de tests, je souligne à nouveau l’importance de la source, hier encore j’écoutais à la rédaction un excellent ensemble High End à plus de 60K€ l’ensemble et l’on pouvait constater comment d’une source numérique à l’autre, on pouvait passer de l’absolue excellence d’une transparence sans compromis, à la dureté d’une reproduction digitale sans grand intérêt musical. De ce fait, j’adhère toujours à titre personnel à l’école qui dit qu’une source sans compromis est avant tout une nécessité et trop souvent source de tracas et frustrations. De ce fait j’attache également un soin tout particulier à chercher le câble d’alimentation qui convient à toute source numérique, transport, convertisseur ou lecteur CD intégré.

Wireworld, la solution ?

Wireworld propose bien naturellement une gamme de de câbles étendue toujours sur le concept du câble ruban. Au  premier abord, on retrouve visuellement la finition Wireworld, signature visuelle qui au premier coup d'oeil permet d'identifier les produits de la marque.


prises serties et moulées, une finition rigoureuse sans bavures

D'une par on pourra facilement identifier la gamme du fait des couleurs différentes sur les gaines  selon les modèles, toujours avec cette approche originale de transport à plat à la manière de ce que fait l’américain Nordost. La géométrie et les produits divergent cependant bien naturellement entre les deux marques.

La construction est pour le moins cossue, l’ensemble est parfaitement serti dénotant d’une construction usinée et non d’un assemblage manuel. Le constructeur n’a pas hésité à imprimer ses câbles avec un slogan « noise filtering array ». Quoi de plus vrai au fond ? On notera que le sens d’utilisation est noté à l’aide d’une flèche, cependant, vu le format des prises il semble difficile de s'y tromper…


des prises moulées, plastique solide pratiquement impossible à dégrader

Les prises IEC et Shuko sont toutes deux serties et moulées, il n’a par conséquent pas été possible de démonter pour voir la qualité des soudures. Peu importe, la prise Shuko est bien réversible et a donc été possible de vérifier si le changement de sens de phase sur les appareils parfaitement connus allaient ou non réagir comme attendu.



Le « noise filtering array » n’est pas un « phase insensitive array », comme on aurait pu s’y attendre, l’inversion du sens du câble s’observe avec un tassement dynamique, un voile présent masquant les micro-informations avec évidence. On retrouve également hors phase une sensation de dureté sur le haut medium.

Les câbles pèsent également un poids conséquent et du fait de sa nature démontre une flexibilité assez réduite, il reste cependant possible de le lover dans un sens en cas de besoin. Notons qu’il est fortement déconseillé de créer des boucles à l’aide de câbles secteurs du fait que cela crée un effet de champ nocif en règle générale aux électroniques audio.




Mais revenons à l'objet du test, le Stratus et l’Aurora, les deux modèles d’entrée de gamme. Le Stratus est constitué de conducteurs en cuivre désoxygénés et de contacts sertis plaqués argent. L’Aurora est quant à lui équipé de conducteurs plaqué argent et également terminé par des contacts sertis plaqués argent sur les connecteurs. 



Tous deux sont isolés à l’aide de la gaine Wireworld Composiflex et conçus (je cite) pour maximiser "l’absorption des phénomènes inductifs et capacitifs et atténuer la résonnance électrique". Si sur ce dernier point aucun élément technique fourni ne permet d’amener de l’eau au moulin du marketing, reste que la sanction d’écoute me semble être la meilleure façon de trancher !

Stratus « at work »

Afin de bien capter les différences avec un câble d’entrée de gamme traditionnel, une configuration audio-vidéo est montée dans un premier temps constituée d’un amplificateur intégré haut de gamme Teac, d’un lecteur de CD Arcam et d’une paire d’enceinte Eclipse. A câble entrée de gamme configuration entrée de gamme… Le Stratus est monté sur le lecteur CD, le câble de l’amplificateur étant soudé et déjà changé pour un câble optimisé. 
Dans ce mode d’utilisation, à l’oreille on observe notamment sur des morceaux où l’articulation musicale des instruments revêt une importance toute particulière une très légère différence, mais sans pour autant être très flagrante. La scène sonore ne fluctue pas, la stabilité de la phase semble pour le moins identique, la mise en place des instruments cependant sans grande précision. Ce qui semble par contre évident, c’est la disparition sur la sensation de dureté numérique dans le haut medium ou tout du moins sa conséquente atténuation. Le bas du spectre est également fortement dégraissé par rapport au cordon d’origine, laissant apparaître une musique agréable, sans sensation de lourdeur dans le bas du spectre. A force d’essais, on peut également observer une subtile différence dans les timbres, dégraissage du grave oblige, la restitution globale est au final plus posée et plus naturelle. Nous dirons que l’influence joue essentiellement sur le medium et sa perception.



Vient ensuite le tour du Stratus à passer sur le système haut de gamme. La différence avec le câble d’alimentation d’origine du lecteur se fait entendre immédiatement sans ambiguïté. L’absence de dureté numérique se fait plus évidente et l’articulation des instruments plus juste, le medium charnel sur les performances de jazz vocale, les voix claires et justes sur les performances classiques d’opéra. L’extrême haut du spectre s’articule avec grand soin, les micro-informations sont abondantes et l’ensemble joue avec une remarquable neutralité. Reste qu’on observe une sensation de faiblesse sur le bas du spectre où l’extrême bas est fortement dégraissé, trop dégraissé pour laisser le réels instruments comme la contrebasse ou les timbales d’orchestre affirmer une réelle dynamique et encore moins sans traine ou délai.

En parallèle de ces tests, le câble fait divers passages sur divers autres équipements, notamment chez plusieurs amis et chez ce dernier est branche inopinément. A chaque tentative, même résultat, voilà qui est étonnant, aurait-on trouvé un modèle dont le fonctionnement serait plus ou moins uniforme ?

Reste à voir ce que l’Aurora apporte en plus, en moins et comment lui se comporte en situation

Aurora « at work »


Sans grande conviction je dois l’avouer, ce câble est branché, ayant déjà fait l’expérience de nombreux câbles plaqués à l’argent qui tous avaient provoqués des brillances excessives dans le haut medium, voir exacerbé et la sensation de dureté numérique. 
Sur le système Audio-Vidéo témoin, la nuance avec le Stratus est subtile, très subtile, si subtile voire indétectable sans suggestibilité que cet essai pourrait laisser dubitatif. L’articulation des instruments dans le bas du spectre semble cependant légèrement meilleure, avec un coté charnel plus réaliste sur le bas-medium. Doit-on être réellement étonné...convaincu ? Non, car connaissant les limites de ce type de système  il  semble inutile de poursuivre l’expérience plus avant, le Stratus semble si bien adapté à cette configuration il semble donc inutile d’envisager de dépenser plus … il convient plutôt de regarder l’apport sur du matériel plus performant.

Passons maintenant aux systèmes hauts de gamme, sur le lecteur CD la différence est plus qu’évidente par rapport au câble secteur d’origine, l’Aurora reprend en tout point les caractéristiques sonores du Stratus à une nuance non négligeable près. Le bas du spectre et le bas medium sont d’une richesse largement supérieure, si bien qu’à échanger les câbles on a l’impression d’écouter des appareils différents ! L’extrême bas est ici présent avec une richesse que l’on attend à un équipement à ce niveau de performance, sans excès avec un grand respect de la neutralité et de la signature sonore de l’ensemble. Voici donc une prestation qui me semble parfaitement équilibrée où l’on perçoit l’émotion musicale sans sensation de manque.
Oyaide Tunami GPX, référence en termes de neutralité et de transparence
L’Aurora est ensuite branché sur un système d’amplification haut de gamme et le compare aux excellents Oyaide Tunami GPX utilise en termes d'étalon référence. Là les choses sont plus évidentes, avec l’Aurora on est clairement positionné entre les deux, entre le Stratus et entre l’Oyaide. L’Oyaide très haut de gamme, équipé de prises au Rhodium offre une résolution et une spatialisation de la scène exceptionnelle en laissant l’électronique traiter les micro-informations avec grande précision et apporte un appel en courant aux amplifications sans équivalents dans les gammes intermédiaires qui ont pu être testées. Reste que les câbleries qui fonctionnent sur tout type de système sont rares, dans ce registre ont pu être observées par mes soins certains modèles Hifi Câbles ou O2A. L’Aurora n’en dispense pas moins une image fort propre et charnelle sur le medium, mon conseil sera par conséquent de le réserver aux sources plus qu’aux préamplificateurs et amplificateurs séparés.

Synthèse


De manière générale le prix des accessoire est assez élevé, c'est à cet effet que la note attribuée au rapport qualité/prix est toujours mitigée. Chez Wireworld l'effort fait sur les produits du début de la gamme est remarquable et les câbles restent d'un abord financier raisonnable.

Le Wireworld Stratus est à réserver à l'utilisation de système moyen de gamme sur lesquels il pourra apporter un plus ou tout du moins aider à conserver une valeur musicale inconstante. A cet effet les notes reflètent donc cette caractéristique.

Rapport qualité/prix : 7/10
Qualité Audiophile : 5/10
Neurtralité/Transparence : 5/10


Le Wireworld Aurora est quant à lui plus polyvalent, semblant avoir une plus grande efficacité sur les sources que sur les éléments de puissance. L'expressivité et la signature sonore des appareils reste conservée et l'uniformité de son effet me fait préférer son utilisation presque universelle pour lecteur, convertisseur et préamplification. Il obtient donc sur le barème une note plus en rapport avec son universalité.

Rapport qualité/prix : 7/10
Qualité Audiophile : 7/10
Neurtralité/Transparence : 7/10

Données techniques

mardi 6 novembre 2012

Le jitter logiciel vous y croyez ?

Après une décennie d'évolution de l'informatique individuelle, l'ordinateur prend peu à peu le pas sûr la technologie du précédent millénaire en apportant un support de musique dématerialisée.

Qu'elle est l'influence de l'ordinateur sur la restitution, quel est l'influence du logiciel. Du matériel ? Le jitter logiciel, y croyez-vous ?

Retrouvez mon dossier de fond qui explique les mécanismes utilisés par la lecture bit perfect dans vos logiciels favoris dans le nouveau numéro de Stéréo Prestige & Image de Novembre 2012.

Je suis intéressé à vos retours et commentaires sur le sujet, qui j'en suis certain va faire débat !