vendredi 28 février 2014

Banc d'essai - Lecteurs audiophiles pour ordinateur

En ce début d'année nous avons souhaité faire un point sur l'ensemble des solutions intégrées du marché.

Depuis 2009 nous suivons l'évolution des logiciels de dématérialisation, les choses ont au final pas mal bougé. 6 ans après, même si la technologie n'a pas évolué (Windows, Mac / Unix, Linux), les composants logiciels audiophiles présents savent enfin présenter des données audio échantillonnées à grande vitesse avec régularité. Sur les petites solutions de conversion, le résultat obtenu est somme toute déjà fort appréciable.

Cet article a vocation à compléter un article de Haute Fidélité du mois de mars/avril 2014 qui reprend les éléments des solutions et vous aidera à faire votre choix.

Les lecteurs dématérialisés pour ordinateurs se séparent en deux grandes familles pour le grand public. Ceux pour Microsoft Windows 7/8.1 et ceux pour Mac OSX. Il existe également des solutions sous Linux plus complexes à mettre en oeuvre pour obtenir un chemin de reproduction "bit perfect" et avec un jitter logiciel maîtrisé. Notons toutefois que des distributions assez bien intégrées sont disponibles, bien que truffées de bug (Daphile par exemple). La mise au point de logiciel de manière professionnelle n'est pas une mince affaire et l'exercice n'est manifestement pas maîtrisé par tous.

Pour l'environnement PC sous Windows

foobar 2000

Inutile de le présenter, foobar est le plus connu des logiciels gratuits. Il propose une implémentation modulaire qui permet de ne pas surcharger le pc de mécaniques inutiles à la lecture. La différence se fait entendre, car le rendu, même s'il est légèrement sec, est un des meilleurs entre tous. Pour l'amateur informaticien, c'est la solution de choix idéale puisque tout est réglable, des scripts peuvent adapter son comportement en fonction des besoins, afficher des informations calculées ou conditionnelles. C'est celui que j'utilise le plus pour les tests presse.

Lien où télécharger l'application : http://www.foobar2000.org/download




Composant ASIO : http://www.foobar2000.org/components/view/foo_out_asio
Composant WASAPI : http://www.foobar2000.org/components/view/foo_out_wasapi
Composant Kernel Streaming : http://www.foobar2000.org/components/view/foo_out_ks
Composant serveur DLNA, client UPNP : http://www.foobar2000.org/components/view/foo_upnp
Contrôle à distance :
sur Android : http://foobar2000controller.blogspot.fr/
sur iOS: http://wintense.com/plugins/foo_touchremote

JRiver Media Server

JRiver est à mon avis le logiciel le plus complet de tout ce comparatif en termes de fonctions couvertes avec convivialité. Audio, vidéo, image, service à distance, télécommande média center sont autant de fonctions utiles qui justifient son achat. Pour autant si ces dernières sont déjà couvertes par les fonctions de votre NAS, alors la qualité audio peut l'emporter par un autre produit.



Lien où télécharger l'application : http://www.jriver.com/download.html

JPlay

Technologiquement inégalé, le produit de Josef Piri est décidément toujours en avance d'un pas sur le reste de la planète audiophile. Le moteur de gestion de flux de remise de paquets UltraStream est d'une performance exceptionnelle transformant le PC en transport de très haute qualité. L'optimisation du PC apporte un léger plus qu'il est intéressant de mettre en oeuvre avec mes réglages sur le PC audiophile.



Lien où télécharger l'application : http://jplay.eu/download/

Musichi

Champion inconstesté du tagging de plages jazz ou classique, s'il faut sacrifier le payer et ses fonctionnalité pour le tri, alors Musichi définitivement la bonne option ! Le travail de Philippe sur ce point est colossal, la base de données de 200000 titres couvertes permet de retagger rapidement les albums de manière uniforme tant sur l'auteur, compositeurs qu’interprètes.



Lien où télécharger l'application : http://www.musichi.eu/

Signalyst

Toujours dans le rayon des initiatives originales, Jussi Laako publie le logiciel Signalyst visant à la reproduction de très haute qualité audiophile, mais également compatible multi-canal. Notons qu'il existe également une version Mac et Linux que nous n'avons pas testé. Le logiciel présente un nombre important de paramètres relatif à l'upsampling PCM/DSD et le dithering. Sans doute le plus complet de ce panel en termes de filtres et options, sa convivalité laisse cependant à désirer. Il pourra cependant, avec son architecture interne 64 bits, réaliser des corrections à la volée de qualité.



Lien où télécharger l'application : http://www.signalyst.com/webshop.html

Pour l'environnement Mac sous OS-X

Amarra

Excellente surcouche de iTunes, il apporte un plus indéniable à l'écoute. L'ensemble des produits sur plate-forme OS-X sont fluides et rapides en restitution. Une caractéristique qui n'est pas de mise sur PC où l'ensemble est plus posé et mat. Le coût du logiciel est important, un essai s'impose donc sur votre configuration.



Lien où télécharger l'application : http://www.sonicstudio.com/amarra/amarra_player.html#

Audirvana

A la fois performance et convivial, il s'intègre bien à iTunes et propose un ensemble de paramètres de configuration aboutis. L'adjonction du processeur iZotope pour les traitements annexes sera vu comme un plus par une partie des audiophiles. L'excellent travail réalisé par Damien Plisson à ce niveau mérite d'être souligné.



Lien où télécharger l'application : http://audirvana.com/site/?page_id=112

PureMusic

Challenger principal d'Audirvana, ce dernier évolue moins vite. A la fois performant et bien intégré à iTunes, il amène une amélioration qualitative sur le son sorti du Mac de base. Peut être légèrement moins abouti et performant qu'Audirvana, sa restitution est du coup très équilibrée, laissant peu apparaître les petits défauts. C'est d'ailleurs le choix de la rédaction de Haute Fidélité pour les tests dématérialisés.




Lien où télécharger l'application : http://www.channld.com/download.html

iTunes

Nul n'a besoin de présenter le logiciel natif d'Apple présent sur tout Mac qui se respecte. Si le moteur audio n'est pas extraordinaire, il n'est pas non plus catastrophique et conviendra bien pour les équipements moyen de gamme. Il ne faut donc pas écarter son utilisation bien que la limitation à la lecture des plages au format MP3, AIFF et ALAC/M4A limite de manière conséquente son utilisation avec les produits en haute définition du marché (en FLAC principalement).




Lien où télécharger l'application : http://www.apple.com/fr/itunes/download/

Bitperfect, complément pour iTunes

Pour quelques euros il est également possible d'ajouter à iTunes un petit complément applicatif apportant un petit plus. Bitperfect est un élément qui vient se greffer à iTunes. Bitperfect redirige le flux sortant vers le périphérique Audio choisi en sélectionnant le bon échantillonnage au préalable. Sinon sur iTunes, pour changer d'échantillonnage, il faut à chaque écoute le changer manuellement.


Lien où télécharger le complément pour iTunes : https://itunes.apple.com/fr/app/bitperfect/id455545700?mt=12


Pour l'environnement Linux

Il existe une multitudes de solutions, matériels supportant Linux et il n'est naturellement pas question d'en faire ici une liste exhaustive. Nous nous bornerons donc à citer quelques grandes références et dont l'approvisionnement et le support en France reste relativement simple.

XMBC, plate-forme multimédia

Lien vers le site Open Source : http://xbmc.org/download/

Il est inutile de présenter le plus connu des logiciels multimédia embarqué sur Linux. Notons que le logiciel existe également sur les plates-formes Windows et Mac. XMBC n'est pas à proprement parler un logiciel audiophile, puisqu'il n'exploite aucun artifice d'amélioration du son mais a le mérite de couvrir l'ensemble du scope audio et vidéo. Il se trouve souvent implémenté sur les appareils multimédia, dont les NAS. S'il peut constituer un point de départ, l'amateur intéressé par l'environnement Linux devra sans aucun doute pousser ses recherches plus avant vers des produits audios plus aboutis.

Diverses compilations Linux 'bit perfect' en noyau temps réel

Pour aller plus loin, si l'on souhaite avoir une configuration totalement dédiée à l'audio, un peu à la manière des lecteurs réseaux, il est possible d'installer une machine sans interaction qui se pilote à distance. Sous Linux, les distributions exploitent majoritairement la logique serveur Logitech prévu pour la SqueezeBox et émulent également son client. La solution peut séduire, du fait que l'interface de commande SB est relativement bien fournie en fonctionnalités. Parmi ces dernières, nous citons quelques exemples de distributions fonctionnelles :

AudioPhile Linux

Distribution livrée avec plusieurs moteurs, dont un dédié à la musique audiophile, Jack, cette dernière n'est pas juste compatible avec les convertisseurs USB 2.0, mais supporte également plusieurs modèles plus anciens. C'est un très bon point vis à vis du petit matériel d'occasion auquel on pourra donner un coup de jeune avec un transport bien optimisé. Notons que cette distribution est plutôt prévue pour une utilisation locale à la base mais peut s’accommoder d'une utilisation à distance.



Lien vers la distribution : http://www.ap-linux.com/

Daphile

Distribution gratuite, elle simplifie considérablement la vie de l'audiophile en proposant une interface très simple de configuration et d'exploitation en mode Web. Il s'agit d'une des plus conviviales que j'ai pu mettre en oeuvre pour l'écoute des fichiers dématérialisés. Notons que sur les distributions testées, quelques dysfonctionnements ont été observé.



Lien vers la distribution : http://www.daphile.com/#download

Les produit pour plate-formes matériels spécifiques 

Hors du contexte de notre inventaire purement logiciel pour ordinateur PC ou Mac, il existe des initiatives exotiques proposant des services de lecture à approche audiophile en mode client-serveur. Pour se faire il vous faudra vous munir d'un matériel spécifique au préalable.

Ces appareils sont minimalistes et adressent donc directement quelques points noirs des machines de bureau. Parmi celles-ci on retrouve l'absence de disque dur, l'absence de bruitage d'alimentation, l'absence de ventilation. Pour autant, sans sélectionner une bonne alimentation à faible bruitage, l'ensemble des composants sur la carte très exiguë est impacté et le résultat pas forcément risque de ne pas être celui attendu. De même, ne disposant pas de disque SATA, brancher un disque dur USB sur le même root hub que le convertisseur risque également de ruiner tout le bénéfice du minimaliste. De ce fait nous pensons qu'il faut privilégier un mode de lecteur réseau en utilisant un NAS (partage SMB ou DLNA).

ArchARM

Dans la foultitude des solutions communautaires, nous avons retenu cet exemple représentatif. Noyau linux gratuit, il est destiné à remplacer la distribution livrée sur le Seagare Goflex et le transformer en machine audio ! La procédure d'installation est à destination d'informaticiens chevronnés. Le résultat est intéressant, cet appareil saura avantageusement remplacer un transport moyen de gamme sans encombre.


Lien d'accès au produit : http://archlinuxarm.org/platforms/armv5/seagate-goflex-home

Pour le contrôle, un client Web est fourni, mais il existe également sur iOS et Android des application 'Squezebox Controler' offrant une mécanique de contrôle plus confortable.

Note : Il existe également de nombreuses variations pour d'autres matériels dont vous retrouverez l'essentiel ici : http://archlinuxarm.org/platforms

Volumnio sur PI

Raspeberry PI (ARM1176JZ-F à 700MHz, 512Mo RAM) est une plate-forme matérielle minimaliste à base de processeur ARM. Elle se présente sous forme de micro-pc à intégrer dans un boîtier en principe fanless, c'est une solution totalement silencieuse. L'idée d'embarquer un noyau Linux dédié à l'audio sur ce petit appareil est séduisante pour remplacer l'investissement dans un ordinateur de bureau, pourvu qu'on veuille lui dédier la tâche. Plusieurs fabricants s'intéressent d'ailleurs à cette solution pour produire des petits appareils compacts à différents buts.


Equipé de l'indispensable, mais du nécessaire, le PI exécute son système à partir d'une carte SD insérée dans le slot prévu à cet effet. Minimalisme oblige, l'alimentation doit donc résider à l'extérieur. A cet effet, Cette dernière, par défaut à découpage de 5V, gagnera a être changée par un modèle réduisant le bruitage vu la compacité et la proximité des composants. 


La distribution en France reste confidentielle, il faudra par conséquent passer par la case vente par correspondance via Farnell (http://fr.farnell.com/raspberry-pi) pour s'approvisionner.
Pour construire une configuration, il faudra prévoir un budget d'environ 110€ (carte, boîtier, alimentation, dongle wifi et carte SD).

Sur ce type de plate-forme matérielle, il sera possible de profiter de l'audionumérique au travers de distributions spécifiques, parmi lesquelles on peut trouver :

Raspify : cette distribution n'est plus maintenue et remplacée par Volumnio, http://www.raspyfi.com/
Volumio: à base de Raspify, en version béta : http://volumio.org/project/


Runeaudio



Runeaudio est une distribution concurrente de Volumnio. Elle s'installe sur plusieurs plate-formes matérielles, dont le Raspberry PI dont nous venons de parler ci-avant. Outre sur cette dernière, Runeaudio sait également fonctionner sur Beaglebone Black, CubBox et Udoo, trois petits mini-pc.




Beaglebone Black (ARM 335x à 1GHz, 512Mo RAM DDR3) peut être trouvé en France chez Lextronic sur commande. Le budget à prévoir pour un habillage en boîte noire est d'environ 110€ (carte, boîtier, alimentation, carte SD). Le dongle wifi sera à prévoir en sus. Comme sur les autres appareils de cette gamme, le système est prévu pour être embarqué sur une carte SD à enficher.




Le Cubox-i2 de SolidRun est l'appareil de la gamme le mieux dimensionné pour les applications audio moyen de gamme. Contrairement à la concurrence, il est équipé d'un processeur d'entrée de gamme ARM dual-core à 1GHz, de 1Go de RAM. Il dispose, quant à lui, d'une connectivité wifi en option. Le budget à prévoir pour cet appareil avec une carte de 4Go et le wifi est d'environ 100$ auquel il faudra ajouter la livraison et le soucis de douanes avec les Etats Unis en cas de panne. Certes le budget est plus élevé, mais la finition est également supérieure face aux plastiques de la concurrence.

Notons de plus que Signayst tourne également depuis peu sur les produits SolidRun.




L'italien Udoo enfin représente la troisième principale alternative. Basée sur un processeur ARM dual core Cortex A9 à 1GHz, 1Go de RAM, la solution est livrée en standard avec le module wifi. Pour son utilisation, il faudra se munir d'une carte Micro-SD. Du côté du budget, il faut compter environ 200€ avec une boîte, une carte Micro SD de 4Go et une alimentation externe à faible bruit. Notons que ce budget correspond à la version quad-core est disponible chez Conrad en France. Pour commander le modèle dual-core un peu moins cher, il faudra s'adresser directement en Italie pour le moment.

Runeaudio : http://www.runeaudio.com/

Quelques logiciels de lecture sous Linux

Selon votre distribution il faudra tabler sur un lecteur ou un autre. Le manque d'uniformité nuit à la cohérence des solutions sur ce système d'exploitation. Trop de liberté, tue la stabilité et la cohérence d'une utilisation qui se veut standard. L'encadrement applicatif des tablettes et smartphones a amené une certaine cohérence et une navigation intuitive qu'on ne retrouve pas du tout dans les logiciels présentés ci-dessous.
Cependant il n'en reste pas moins que basé sur ALSA, Linux est dans l'absolu le plus performant. Rappelons que c'est le seul à disposer d'un noyau temps réel (en option). Le temps réel est un plus indéniable dans la régularité des échanges attendus par le convertisseur. Dans la pratique, comme à l'habitude, les choses ne sont pas si simples...

Si vous utilisez une distribution dédiée du type de celles citées dans la section précédentes, vous aurez alors un panel de choix plus large et spécifiquement porté à piloter et gérer la machine en question à distance. Dans le cas présent, la lecture se fait localement et avec le logiciel de lecture installé sur la même machine.

DeaDBeef



Lien vers le lecteur : http://deadbeef.sourceforge.net

Guayadeque



Lien vers le lecteur : http://sourceforge.net/projects/guayadeque/

Quod Libet




Lien vers le lecteur : https://code.google.com/p/quodlibet/

samedi 8 février 2014

Banc d'essai - Esprit Audio - câbles Celesta et Eterna USB

L'USB revu et corrigé par Esprit Audio

Cela fait quelques mois que je n’avais pas eu l’occasion de côtoyer les câbleries Esprit Audio, Richard Césari travaillant d’arrache-pied sur de nouveaux modèles. A vrai dire, l’homme est comme sa concurrence, avare d’informations ! Chacun sur le terrain artisanal français s’attache à faire le moins de bruit possible, pour qu’au moment  opportun il puisse lancer ses nouveaux câbles dans les meilleures conditions.


C’est aujourd’hui chose faite. Après cette petite période de silence, de nouvelles moutures améliorées des câbles USB sont désormais disponibles.

J’avais particulièrement apprécié la ligne Célesta dans son ensemble et j’étais relativement curieux de voir vers quelle direction Richard Césari avait dirigé son développement pour cette nouvelle version. Oublions définitivement les géométries planes. Il s’en remet aux fondamentaux de la transmission de signal en proposant un câble rond fait de paires torsadées faites de conducteurs de qualité différente de la première version. Le blindage a également été revu avec de nouveaux écrans. Les prises sont gainées en thermo sans aucun jeu. L’assemblage semble méticuleux et à l’image que l’on se fait d’un produit haut de gamme d’exception. Le câble Eterna USB est quant à lui plus volumineux et dispose de plus d’artifices de blindage et d’isolation. Il n’en perd pas moins la flexibilité indispensable pour relier les éléments.

Rappelons-nous, le premier modèle Célesta m’avait séduit par son absence de coloration ou de projection. Reste qu’il présentait à mon avis un léger manque d’extension notamment dans l’infrabasse qui pénalisait légèrement l’expérience d’écoute. La définition était déjà importante présentant une ciselure du medium et du haut-medium des plus convaincantes. Le Célesta était typé, reflet d’une légère matité qui favorisait l’écoute des grands ensembles même à fort volume.

S’il fallait résumer l’expérience d’écoute des nouvelles moutures, cela pourrait être fait en quelques mots. Frisant l’excellence. Nous savons que tout câble type à un certain niveau l’écoute et l’écoute critique consiste plus à positionner l’expérience musicale qu’il procure que d’évoquer une parfaite neutralité. Cette dernière étant totalement irréaliste, je préfère par exemple parler de dynamique et de transparence des timbres.

Que ce soit le câble USB Célesta ou USB Eterna, tous deux apportent une expérience toute à fait exceptionnelle en termes de musicalité. Avec le Célesta, aucune sensation de mise en avant ou d’excès de coloration ne transparait. Offrant une vision mate musicale et à l’opposé d’une sensation agressive et rapide, la musique s’impose donc fluide et correctement définie.  Comme sur le modèle précédent l’accent est mis à permettre une bonne captation de scène sonore en profondeur sans provoquer de sensation d’extension extravertie en largeur. Le medium est très détaillé laissait percevoir sur les plages HD les micro-informations avec une précision diabolique. Si cette restitution peut sembler restrictive, elle plaide pour une absence totale du démonstratif. Ainsi le bas-medium est légèrement mis en retrait, donnant une image épurée de toute sensation de lourdeur. La scène sonore est de taille normale. Et si vous voulez mon avis, c’est tant mieux, car pour ce qui est du réel, une scène sonore de 10m de large sur 5m de profondeur sur une petite formation de jazz n’a rien du tout d’authentique !

Pourvu que le transport et le convertisseur le permette, les timbres sont de la couleur du crédible sur tous les types d’instruments que nous avons écouté. Les harmoniques autour des notes primaires résonnent sans sensation de manque, avec peut-être une très légère mise en avant. Les performances vocales sont tout à fait remarquables sans tomber dans le démonstratif. On pourrait tout au plus saisir une légère simplification par moment, notamment sur le bas-medium à comparer le Célesta et l’Eterna. Avec ce dernier, la scène sonore respire plus, le bas-médium rend aux prestations leur charnel et leur réel naturel avec plus d’insistance. Tentant de prendre l’ensemble en défaut, je ne leur trouve absolument aucune coloration. Du coup, il impose au passage une signature sonore plus chaude sans pour autant masquer les détails.

L’Eterna marque donc le pas avec une réelle différence de rendu. Il offre une expérience d’écoute plus en adéquation avec le réel. Pour autant nombre d’audiophiles aiment les restitutions plus artificielles et détaillées. Ces dernières loin de manquer de charme permettent également de bien profiter d’un médium ultra détaillé.

Synthèse :

Esprit Audio nous avait habitué à produire des câbleries à l’expérience musicale plutôt à l’absence de chaleur musicale. Avec le Célesta USB, l’esprit est à nouveau là avec une esthétique des plus réussies. L’absence de coloration, le medium riche et détaillé contribuent à créer une expérience d’écoute exceptionnelle pourvu que l’équipement le permette. J’ai d’ailleurs obtenu également d’excellents résultats avec de petits appareils dans la tranche des 500€ où toute extraversion s’en est trouvée totalement modérée et contrôlée. Avec l’Eterna, on touche la gamme de câbleries apportant une expérience réellement haut de gamme, riche à la fois en détails et frisant la carnation du réel notamment par cette alchimie du bas-medium et du medium sans altération des perceptions. Voilà donc deux nouvelles références musicales à consommer sans modération !

La discographie :

Charlie Mingus, The Jazz Experiments of Charlie Mingus, what is this thing called love (24 bits/192 kHz)
Charles Mackeras, SCO, Wolfgang Amadeus Mozart, symphonie 38 en Ré majeur K504, final (24 bits/88,2 kHz)
Erwin Schrott, les noces de Figaro (16 bits/44,1kHz)
Daft Punk, Get Lucky (24 bits/88,2 kHz)
Jean Chaplin, Songs of Steevie Wonder, Master Blaster (24 bits/96 kHz)
Sheila Jordan, Portait of Sheila, if you could see me now (24 bits/192 kHz)
Bob Marley, Legend, No woman no cry (24 bits/96 kHz)
Anne and Pete Sibley, Happy Valley, Show me the way – DSD x64 & x128
Foreigner Acoustic, Waiting for a girl like you (16 bits/44,& kHz)
Katie Melua, Katie Melua Collection, Piece by Piece (16 bits/44,& kHz)

En résumé :

Câble USB Célesta
Mat, musical, linéaire, écoute dégraissée sans perte trop importante dans le bas du spectre, Bas medium en retrait, belle scène sonore en profondeur sans extraversion sur les côtés

Câble USB Eterna
Mat, musical, beaucoup de relief, écoute charnelle et naturelle, grosse sensation de présence, scène sonore étendue en profondeur sans extraversion sur les côtés

Esprit Audio :


Tarif prix public en février 2014 : 

En 1m, Célesta USB : 390€, Eterna USB : 790€

samedi 1 février 2014

Blue Ray, le futur de l'économie audionumérique ?

il y a une quinzaine de jours Radio France abritait une grande conférence de presse pour promouvoir la qualité du son. Tous les professionnels du métier s’étaient réunis au studio 105 pour annoncer la volonté d’amener un nouvel élan qualitatif au travers du support BD.


Pour le moment cantonné à une communication essentiellement axée sur la qualité d’image, le support Blue Ray a pourtant comme j’ai plu l’expliquer à plusieurs reprises tous les atouts pour séduire. La capacité de stockage permet une utilisation immédiate des formats usuels de musique en haute définition PCM à 96 ou 192 kHz. Sans aucune compression, la lecture offre une alternative intéressante pour passer immédiatement la bibliothèque existante sans encodage supplémentaire sur tout appareil de salon. Pour en savoir plus sur les formats d’encodage et les échantillonnages, reportez-vous à l’article de Haute Fidélité 195 de Février 2014.

Voilà donc une bien bonne nouvelle qui signe la fin du son compressé et malheureux véhiculé par le MP3 depuis une décade. Nous avons noté également la volonté des grands constructeurs à changer la tendance avec par exemple le balladeur F886 de Sony, dont vous pouvez trouver un test ici : http://www.qobuz.com/info/Hi-Fi/Bancs-d-essai/Test-baladeur-Sony-F886-compatible174180 ).

Mais revenons au support. Les exemplaires que j’ai pu tester sont pour le moment étrangement mixés. Ils sont sans aucun doute réalisés d’une manière démonstrative en vue de passer pour mieux définis sur les installations courantes. Pour autant, les exemplaires gravés par mes soins à l’aide de plages haute définition acquise sur les boutiques en ligne, se révèlent parfaitement équilibrées. Vous trouverez d’ailleurs notre analyse détaillée sur le sujet dans le prochain numéro de Prestige Audio & Image.

L'économie numérique va donc tenter d'insuffler un nouvel élan en place pour inciter le consommateur à se sensibiliser sur la qualité du son et ses bénéfices. Gageons que la démarche débouche sur une prise de conscience du grand public sur la chose. Nous espérons également tous que les futures électroniques en bénéficieront pleinement sans seulement juste afficher quelques spécifications techniques tapageuses.