mercredi 20 février 2013

Banc d'essai - convertisseur, prémaplificateur, amplificateur casque Fostex HPA8



Fostex  HPA8

Dans le monde des constructeurs Japonais, on connaissait Fostex pour ses équipements professionnels de studio et notamment pour sa gamme d’enceinte de monitoring fort prisée des amateurs. Depuis plus de 40 ans, la société nipponne produit tour à tour haut-parleurs, enregistreur multipistes avant de finalement s’intéresser dès 1995 au monde du numérique. De toutes les guerres, du DAT D­-10 au DVD-RAM DV-40, Fostex développe des matériels de pointes pour le bénéfice des professionnels. C’est depuis peu que l’amateur peut avoir accès à ces merveilles technologiques en France.

Il existe d’ailleurs à ce titre une ligne relativement réduite de produits destinés au grand public parmi laquelle nous trouvons entre-autre les casques et les convertisseurs. Le HP-A8C est un appareil fort séduisant. Complet, il présente bien, paré d’une façade vitrée discrète et de boutons de contrôle métallisés. Dans la tradition des produits professionnels, il ne compte pas moins de deux prises casque en façade alimentées par une amplification soignée et très performante. Une fois sous tension, sa programmation peut être gérée partiellement à l’aide de la télécommande fournie. Il faut rappeler que bien trop peu de constructeurs se prêtent au jeu d’en fournir. Pourtant, cet appareil qui nécessite une commutation manuelle de source en aurait bien systématiquement besoin pour permettre son contrôle dans un schéma d’utilisation global. Le récepteur infrarouge est situé juste à gauche de l’afficheur pour une meilleure captation des gestes qui au naturel se porte à viser ce dernier.

32 bits, le support de lecture des formats DSD et une résolution de 192KHz résument les caractéristiques modernes de cet appareil. Bâti autour d’une solide ingénierie professionnelle, la conversion repose sur un Asahi Kasei AK4399. Chipset de conversion reconnu comme excellent et servant notamment à plusieurs marques d’équipement DVD haut de gamme, il surclasse notamment le classique Texas Instruments 1792 sur plusieurs points. D’une dynamique généreuse de 123db, il traite les fréquences jusqu’à 216KHz, présente une distorsion harmonique totale de l’ordre de -105db pour 44,1KHz. Autre point fort, le Fostex dispose d’une horloge TCXO dont nous savons la précision extrême comparée à un oscillateur traditionnel. Ceux qui me lisent dans Stéréo Prestige & Image, pourront y retrouver dans un article un encart sur ces horloges.

Les produits à base de chipset AK sont très souvent fort musicaux et transparents. Je garde en mémoire plusieurs productions Accuphase ou encore l’excellent convertisseur Esoteric basé sur ces composants. J’étais donc impatient de vérifier que tel était à nouveau le cas avec ce convertisseur.
La configuration d’écoute mise en œuvre couvre l’ensemble des entrées. D’une part une connexion S/PDIF coaxiale vers un transport CD, la seconde vers un décodeur câble, une connexion AES/EBU liée à un boîtier M2Tech EVO vers l’ordinateur, une liaison TosLink vers un disque multimédia et enfin une liaison USB directe vers l’ordinateur en USB 2.0.
Le convertisseur Fostex utilise comme une grande partie du marché un chipset USB d’origine XMOS. Ce dernier dont on connait les avantages, offre une connectivité USB 2.0 de qualité. On notera cependant qu’il possède également quelques défauts. D’une part la qualité des pilotes Thesycon est toujours aussi médiocre à ce jour. Et d’autre part, la sonorité offerte par la méthode de transfert a tendance à un excès de perception analytique. La sortie est ensuite gérée par un transceiver S/PDIF qui va se charger de transférer les données numériques de et vers le convertisseur AK4399.

Le système mis en œuvre pour les écoutes est soigné. L’ensemble est soigneusement filtré par une barrette secteur et des câbles secteurs de haute qualité, les câbles de liaison d’origine Wireworld et Fadel Art répondent aux exigences de transparence du système. Les fibres sont également en fibre de verre soigneusement polies, haut de gamme Supra. Les accessoires sont alimentés sur batterie, tout comme le PC pour éviter les perturbations supplémentaires sur l’alimentation.


J’ai constaté, à l’image d’autres électroniques, que l’appareil était sensible à la phase en environnement domestique. Il convient de bien repérer cette dernière et à l’aide d’un câble d’alimentation réversible de tester les deux sens. Le transformateur et son étage de filtrage se comportent nettement mieux dans un sens, montrant une image aux sonorités moins dures et plus fouillée en termes de détails. De même, il convient de laisser l’appareil chauffer environ 30 minutes avant d’en tirer pleinement parti. Les meilleurs résultats ont été obtenus au niveau détails dans le medium aigu à l’aide de câbles d’alimentation de haute facture à prise Furutech au Rhodium. Pour un résultat plus velouté, j’ai retenu le câble Wireworld Silver electra 5².

Le HPA8 possède indéniablement un caractère professionnel. Paré d'un excellent rendu analytique, il affiche une outrageante neutralité... La restitution générale, pour un équipement de ce prix, est tout bonnement exceptionnelle. L’étendue de la scène sonore est plus qu'honorable montrant une très bonne maîtrise du jitter de par sa stabilité. Les instruments ne flottent pas dans l’espace, la phase restent semble-t-il relativement stable pendant la lecture, fait que j’ai bien apprécié je dois le reconnaître  Beaucoup d’équipements pêchent à ce niveau, notamment par un manque de soin dans les étages de sorties analogiques où la conception se révèle être au final assez moyenne. L’étagement des plans est lisible, les instruments en contre-chant sont bien définis. Ces derniers, sans présenter la précision exceptionnelle que procurent les équipements  très haut de gamme, sont cependant  d’exception dans cette gamme de prix. Enfin, la scène creuse en trois dimensions un espace agréable sans extraversion. Nous sommes clairement face à un équipement qui travaille à donner une impression du vrai et pas une version enjolivée 3D peu crédible. Le Foxtex n’en fait jamais trop, notamment dans la gestion des transitoires où la dynamique procure une impression de rapidité réaliste. Les micro-informations sont abondantes et particulièrement réalistes sur les bruits de salles ou d’ambiance au casque. Les timbres des instruments sont remarquablement fidèles, notamment les cordes et sur quelques bons fichiers haute définition, les percussions prennent littéralement vie. Les voix sont fouillées et s’agrémentent volontiers d’inflexions aux accents analogiques selon les mixages.
S’il est une petite remarque à faire, c’est en mode de lecture DSD ne m’a pas du tout convaincu.

On notera que l'essentiel de mes écoutes se font à l'aide de plages de CD rippés et de quelques plages haute définition. Le protocole de test est à l'identique de celui pratiqué pour les articles de presse et par conséquent complet et rigoureux. L'essentiel tient tout de même à l'écoute de la musique au format 16/44,1KHz dans la mesure où mis à part les productions récentes, les pistes haute définition amènent peu, voir rien si l'original format CD est de qualité. Le Fostex a naturellement réussi la lecture de tous les formats courants et à tous les échantillonnages multiples de 44,1 KHz et 48 KHz annoncés. 

« Tu vas voir, c’est un produit extraordinaire » me confiait l’importateur en me prêtant l’appareil. Loin s’en faut, extraordinaire n’a rien de superfétatoire, je dirai pour ma part exceptionnel. Dans cette gamme de prix, il ne me semble pas avoir entendu de choses aussi abouties et stables dans ce style de restitution. Il est clair, qu'à ce jour, le travail de conception technique sur le numérique franchit un pas supplémentaire en proposant des produits toujours plus performant à un prix de plus en plus serré.

Importation : Hamy Sound
Prix Public conseillé : 1600€

1 commentaire:

  1. Merci pour ce compte rendu suffisamment précis qui me donne à présent (très) envie de tester ce Dac…

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