lundi 26 mai 2014

Un NAS pour une utilisation audiophile ?



A l’origine, le NAS (Network Attached Storage) est un système de stockage de fichiers en réseau informatique. Conçu pour faciliter l’échange et le rangement des documents pour l’entreprise, il s’est réinventé un usage domestique. 
L’adoption massive des nouvelles technologies est génératrice de fichiers multimédia. L'utilisateur moderne est fridand d'images à conserver et à partager prises par les appareils photo et smartphones. Les vidéos de vacances à coup de Go Pro ou prises sur le vif avec son smartphones deviennent pérennes. Que l’on monte, stocke ou classe comme pouvaient le faire les anciennes générations avec leur Super 8 ou leurs cassettes DAT, conserver devient un jeu d'enfant. Le NAS est également de nos jours une aire de stockage sans réelle fin. Au rythme où vont les choses, le To de donnée est à un prix plus qu'abordable, les disques de base savent aujourd'hui embarquer 2To voir 4To de données. Pour quelle raison devrait-on se retenir de tout garder et de trier comme cela peut être le cas lorsque les systèmes de stockages numériques coûtaient chers ? Enfin, et non des moindres, le collectionneur peut y engranger des centaines de milliers de pistes audio issues de CD rippés, de fichiers achetés sur Internet. Outre un fantastique outil de  stockage, NAS est également un merveilleux appareil de partage. 

Stocker...oui mais pas seulement !


Véritable ordinateur, le NAS moderne embarque un ensemble de logiciels offrant à la fois la possibilité de stocker, trier et restituer images, vidéos et audio. A base de Linux, il émule les protocoles propriétaires comme ceux d’Apple, Logitech ou ouverts comme DLNA. Une fois connecté au réseau domestique, il publie même le contenu multimédia à haut débit sans encombre. 
L’utilisateur de base se contentera de ces fonctions essentielles. Pour les adaptes de la mobilité, il embarque un connecteur Cloud pour accéder à ses données multimédia personnelles depuis un simple accès 3G ou Wi-Fi. Il s'agit donc d'un réel appareil complet et évolutif, adapté à l'utilisation domestique mais également en mobilité. Sur certains modèles, une prise USB et HDMI permettent d'envisager la restitution des fichiers en haute définition.


La haute définition sur un NAS ?


La haute définition n'a plus rien d'un domaine élitiste en 2014. Le NAS stocke et restitue des fichiers audio  ou vidéo en très haute définition. Pour l'image, il transcrit à la volée les vidéo en 1080p et ses pistes audios. Pour l'audio, il diffuse par DLNA du contenu à 24 bits 192 kHz en PCM ou du DSD en simple, voir double densité. Si l’amateur d’image ne se contentera certainement pas d’une source n’intégrant pas un processeur graphique très évolué capable d’un upscaling et de traitement rigoureux, pour ce qui est de l’audio les choses sont différentes. Le NAS possède rarement un upscaler rigoureux, le but de son travail premier n'étant pas de remplacer un lecteur Blue Ray haut de gamme. Le résultat est cependant en règle générale fort honorable. Pour ce qui est des données audio, prenant en charge les principaux formats de fichiers (MP3, FLAC, AIFF, ALAC, ...), il est donc à même de les décoder et de diffuser leur contenu à un logiciel de lecture. Pour l'audio les choses peuvent se révéler plus compliquées.

L'Audio haute définition sur un NAS


Deux solutions s’offrent en général à nous. Accéder aux fichiers audionumériques à distance, à l’aide d’un lecteur réseau (streamer) ou passer directement par le port USB du NAS. 

Avec un lecteur réseau


Dans le premier mode, le NAS sert de stockage à distance. Le lecteur réseau vient y chercher les plages. Ces dernières sont à disposition simultanées de tous les appareils du domicile qu'ils soient fixes ou mobiles. Lorsque les lecteurs ne supportent pas la haute définition, le logiciel du NAS peut "transcoder" ces derniers dans un format compatible. Si la qualité s'en ressent, l'amateur ne se sentira pas bloqué pour une écoute d'appoint sur son mobile par exemple. Il arrive également que le lecteur accède directement à l'arborescence des répertoires du NAS. Dans ce cas de figure, il gère seul la lecture et la diffusion du flux musical à haute définition.

Avec un NAS seulement

Sur ce dernier, il est possible de connecter un convertisseur numérique vers analogique (Digital to Analog Converter - DAC). Le convertisseur permettra de relier le NAS directement à l'amplificateur et de remplacer avantageusement un lecteur de CD qui manquerait de performance. De plus, capable de lire les fichiers à haute définition, il permet dans ce cas de figure d'aborder la dématérialisation assez simplement.
Dans ce dernier mode, il faut cependant rester prudent car tout NAS ne reconnait pas systématiquement tout convertisseur et les logiciels de lectures, pourvu que l'on veuille optimiser un minimum sont complexes et pas si stable que cela. Vous pouvez vous reporter à l'article sur les logiciels de lecture et notamment ceux à base de noyau linux pour vous en convaincre. 


Avec l'arrivée du streaming...


Le streaming n'est pas incompatible avec le stockage en réseau, il est complémentaire. A l'heure actuelle la haute définition n'est pas disponible en streaming et l'amateur de musique à la recherche de la haute définition doit faire avec. Les offres plafonnent en mobilité à 320kb/s au format MP3 ou WMA, un acteur diffuse de la musique au format CD FLAC, mais nécessite un débit important et stable incompatible avec l'écoute en mobilité. Pour autant, aucune offre ne peut promettre vu la débit des accès internet personnels actuels de diffuser des plages à 96kHz ou même en DSD. Les infrastructures de transport sont encore bien trop aléatoire en dehors des gros réseaux dans les principales grandes villes. De plus, la multiplications des diffusions de contenu à haut débit simultané passerai les besoins en broadcast à des niveaux incompatibles avec la qualité de service sur laquelle les opérateurs sont capables de s'engager.
En 2014, il est par conséquent nécessaire de s'équiper d'un NAS pour stocker et partager ses plages audio à haute définition. 

jeudi 22 mai 2014

Banc d'essai M2Tech Young DSD

Et voilà le cru 2014 de nous amis italiens en route pour le marché Français.


Nul doute que cette fois-ci Marco Manunta nous a à nouveau préparé une mouture digne d'intérêt. J'ai passé un moment en compagnie du Young nouvelle génération dès son arrivée à Paris, pour le plus grand bonheur de mes oreilles ! A la rédaction nous avons été impressionné par ce produit italien dans la pure tradition de la marque. L'équation musicalité/prix est une réelle force chez M2Tech.

Bien construit, tant au niveau finition extérieur qu'intérieur, nous avons découvert à la fois un affichage plus discret et un très grand soin apporté aux composants. L'italien prouve à nouveau que la performance du convertisseur n'est pas uniquement lié au composant de conversion, puisqu'à nouveau, ce dernier remet le plat à base de PCM1795 ! Pour compenser la légère aseptisation engendrée par le couplage XMOS, M2Tech a donc corrigé les erreurs de jeunesse de ses coupleurs hiFace et revu son traitement du signal en aval.

Fruité, musical et délivrant comme à son habitude une musique charnelle et naturelle, ce Young a tout pour séduite. Outre des prestations de grande qualité, je vous propose de découvrir dans Haute Fidélité le banc d'essai complet et d'apprécier cet appareil dans sa globalité.

En attendant, voici quelques vues internes complémentaires :

L'ingénierie est résolument moderne avec un PCB multi-couches et une implantation cms très serrée. Les constructeurs vont à l'optimisation du chemin et à la maîtrise des interférences via ce procédé. Sur ce produit on observe qu'aucun composants purement audiophiles genre Wima ou Mundorf ne sont présents. Preuve qu'avec du standard on peut produire de l'exceptionnel.

vue générale de la section de l'amplification casque et du FPGA  en haut à droitequi pilote l'ensemble de la logique de filtrage. Au centre le chipset XMOS pour la gestion des flux numériques USB vers S/PDIF.

sur cette photo on voit mieux la partie USB 2.0 asynchrone et son chipset XMOS. Juste en dessous, l'horloge  à 12MHz qui pilote ce dernier. 

ici une belle vue sur les horloges dédiées à la conversion des fréquences PCM multiples de 44,1kHz et 48kHz.

le FPGA en gros plan

En vente sur le réseau France, importation par Hamy Sound.
Le show-room est hébergé par On Top Audio : http://www.on-mag.fr/index.php/showroom/m2tech

mardi 20 mai 2014

Banc d'essai - Chord Hugo

Nous sommes toujours attentif aux créations d'outre-manche de Rob Watts. A la fois intemporelles et très originales, les électroniques britanniques s'aventurent quelque peu dans le monde du capitaine Némo en proposant une ambiance sous-marin périscopique et ses éclairages multicolores.



Cette nouvelle technologie de Pulse Array secondée par le filtrage WTA a pour ainsi dire bonne presse outre-atlantique et outre-manche. Pour autant, je ne me laisse jamais influencer et j'ai donc écouté avec attention cet appareil en diverses situations. A domicile, au bureau et même dans les transports...Après tout c'est bien au même titre que le petit amplificateur portable de Fostex là sa première utilisation.


Du côté du résultat, je vous propose de vous reporter à l'article papier qui lui est consacré pour en savoir plus et notamment découvrir en détail la technologie Chord passée au crible par votre serviteur. L'alimentation sur batterie présente un indéniable avantage marquée par cette absence de crispation totale sur le haut medium et accompagnée d'une fluidité exceptionnelle. Une fois fait abstraction de cette caractéristique, il m'a donc fallu déterminer quel était la réelle performance de la section de conversion. Je dois dire qu'à mon habitude, je suis avare de termes superfétatoires dont personne n'est dupe. ... Les faits et rien que les faits ! Il vous faudra donc patienter un peu la publication pour en savoir plus ...

En attendant ...


Inutile d'en dire plus, l'appareil est dessiné pour être portable, il est donc compact et dispose d'un grand nombre d'entrées, si bien qu'une utilisation fixe n'est pas à exclure. Evidemment, en tête du hit parade des coûts de revient, frisant les 2000€ il se doit d'afficher des performances hors normes...

packaging simple mais efficace, les couleurs s'affichent pour la différence

a 2000€ on aurait pu retrouver un peu plus de soin apporté au packaging, l'essentiel du prix est donc regroupé dans l'appareil, voilà qui est rassurant !

ultra plat, ultra transportable, les entrées et sorties sont nombreuses, pas moins de 3 prises casque !

en haut l'éclairage tricolore illumine l'appareil selon la fréquence, au centre les leds multicolores indiquent les filtres et sources, enfin le volume numérique s'illumine également en plusieurs couleurs selon le niveau du vlume

à l'avant deux prises USB au format Android et pas Apple ni mini-usb pour disque dur, il faut donc faire attention au câble ! à gauche les sélecteurs de source et mélange des canaux (cross-feed)

vue pano du PCB, double batterie pour alimenter les canaux séparément, le comble du luxe... pour seconder le FPGA et les étages de filtrage WTA qui remplacent le chipset tradtionnel de DAC

 à côté du FPGA, sur la droite, la section de DAC et de filtrage WTA

ici, le chipset Bluetooth ADPX qui supporte également la transmission sur 16 bits et 48kHz maximum!

les batteries sont généreuses en ampérage et délivrent deux heures de musique haute définition

sur l'envers, la qualité de finition de l'exemplaire que nous avons eu présentait un défaut, nous avons eu un échange et récupéré un exemplaire parfaitement fini et fonctionnel.

Spécifications


-   Contrôle de volume numérique
- Mixage des canaux au casque
- Alimentation sur batterie
- Système d’affichage des commandes et échantillonnage par LED
- Sortie casque : 110 dB à 300 Ohms
- Puissance de sortie pour 1V à 1kHz, distorsion 0,1%
• 600 ohms 35mW
• 300 ohms 70mW
• 56 ohms 320mW
• 32 ohms 600mW
• 8 ohms 720mW
- THD – 1KHz à 3V : 0.0005%
- Dynamique : 120 dB
- Impédance de sortie : 0,075 Ohms
- Facteur d’amortissement >100
- Poids : 0.4kg
- Dimensions : 100x20x132mm (LxHxP)

lundi 19 mai 2014

Banc d'essai - Câbles Why Not Special

Dans cet environnement pléthorique de câbleries audiophiles, il est souvent difficile de s’y retrouver. A force de ténacité, après plus de deux ans d’activité et plusieurs modèles, Why not tente de s’imposer sur un marché quelque peu saturé. Nathalie Fougues propose donc aujourd'hui une gamme de câbles cohérents et optimisés correspondant à une esthétique sonore clairement susceptible de plaire.

   













Chez Why Not au cours du temps il a existé plusieurs gammes. A l’heure actuelle sont commercialisées deux gammes situées toutes deux dans le haut de gamme. Une première Special, est en quelque sorte le produit d’appel. Une seconde Special Mk 2 s’affiche clairement comme un produit plus abouti et donc naturellement bien plus cher !

Au contact




Rentrons directement dans le vif du sujet. Au premier contact, on note que la construction est soignée, à l’image de ce que l’on s’attend en termes de montage manuel de la part des petits fabricants ; L’emploi de gaines coton sur les modèles que j’ai pu obtenir m’a quelque peu surpris. En effet, meilleur isolant que les matières plastiques tressées utilisées traditionnellement, ce dernier est ici ingénieusement utilisé. Que ce soit les câbles HP ou les câbles de modulation, les deux sont isolés de la même manière. Avantage de la fabrication artisanale, en option il est également possible d’obtenir une gaine plus traditionnelle pour mieux répondre aux critères esthétiques de certains audiophiles. J’ai donc pu tester les versions Special, soient les produits de la première gamme.

A l’écoute



A l’écoute, une fois mis en place, je note d’emblée la texture musicale proposée par le câble d’enceinte. Empreint d’un excellent équilibre, il laisse passer une musique fluide et quelque peu aérienne. Le câble HP fait dignement partie des câbleries que l’on qualifiera de dégraissantes. Sur les frappes fermes de timbale, on distinguera sans encombre les palettes d’harmoniques sans traîne ni effet de masque. L’effet induit par la résolution accrue dans le medium et le haut medium impose de plus une scène sonore large, légèrement en retrait et creusée en profondeur. Ce même medium laisse avec grande transparence s’exprimer l’électronique choisie et le caractère intrinsèque des enceintes sans les transformer excessivement.

L’impression se confirme à l’ajout du câble de modulation Special. J’observe une excellente fluidité, toujours avec cette petite touche aérienne, le bas du spectre fortement dégraissé. Voici donc un câble que je classerai volontiers dans le registre de l’esthétique à la française, privilégiant la lisibilité et où tout semble parfaitement en place. Aucun renflement du spectre dans le bas medium, aucune crispation en haut, les micro-informations d’ambiance sont tout juste marquées d’une très légère aseptisation. Voici donc un couplage qui sera définitivement à son aise avec une électronique généreuse et saura tempérer tout excès avec brio.
Je note au passage, sur le registre du medium, que les voix sont très bien reproduites, sans sensation de dénaturation des timbres. A vrai dire, que reprocher à un câble de cette envergure sauf peut-être à cette petite simplification qui ne disparait qu’avec les produits très haut de gamme… D’un autre côté la gamme Mk 2 prend tout son sens, puisque censée aller plus loin précisément sur tous ces registres.

Passons ensuite sur le terrain de la dynamique. Aucun de ces deux câbles ne nuit à la rapidité et la fluidité intrinsèque des électroniques testées. Leur association est de plus très cohérente.

Synthèse


Why Not est résolument aujourd’hui un acteur incontournable de la câblerie haut de gamme. L’audiophile à la recherche de solutions soignées se doit d’examiner ses solutions au même titre que celles des autres artisans. Répondant à une esthétique sonore à la faveur d’une scène sonore claire et sans excès, ce couple performant délivre une musique fluide, dynamique et naturelle. Avec une fidélité exemplaire, aériens, j’ai apprécié particulièrement cette vision posée d’une scène sonore volontiers holographique. Plutôt à destination des électroniques dont on cherche à conserver la fidélité plutôt qu’à la tempérer, les câbles Special par leur superbe restitution, sauront s’adapter à de multiples situations, tant sur amplification à tube qu’à transistor.

Le site du constructeur : http://cableswhynot.com/

Point de distribution en ligne : http://www.audioconnexion.fr/

dimanche 11 mai 2014

Banc d'essai - Esorteric P1/D1

Est-il nécessaire de présenter Esoteric. La division High End de Teac attire toujours l'attention sur ses nouveaux produits. si le K-03 se vend encore sans soucis, deux ans après sa sortie, le haut de la gamme s'écoule lui au compte goutte. Pour autant il ne se prive pas d'évoluer et de proposer des améliorations technologiques toujours plus étonnantes. 

Ce coup-ci, François qui importe la marque en France nous a laissé une dizaine de jours avec ce système de malade ... plus de 100000€ de matériel. Une source il faut le dire exceptionnelle en termes de délié et de naturel musical; Rien n'y manque, le timing et la phase sont ultraprécis, même en transport CD, la conversion décode tout avec une précision sans aucune sensation autre que celui qu'on éprouve à l'écoute d'un excellent système analogique. De plus, les éléments sont beaux, les lignes sont fines et raffinées, bref, difficile de laisser partir ce petit bijoux à la fois visuel et musical !

Inutile de dire que vu le prix des appareils, nous n'avons pour une fois rien ouvert et travaillé sur les excellents clichés internes très détaillés fournis par le constructeur.

Mais passons au photos et commentaires complémentaires à l'article papier.

Nous admirons les câbles de liaison prévus pour relier les éléments monophoniques entre eux. Je pense que cela se passe de commentaire, la prise est solide, la technique de connexion parfaitement ajustée sans aucun jeu.

topissime la finition de chaque élément; le châssis a été repensé et taillé dans la masse présente des boutons incrustés affleurants, des délicates lignes courbes et une robustesse à toute épreuve.


Ici on perçoit François qui monte élément après élément à notre rédaction. Nous sommes sous le charme de l'électronique aux finitions parfaites tant devant que derrière. Prises dorées, visserie d'exception, connectique exceptionnelle.  Bref, zéro défaut à part les dizaines de câbles qui finissent par transformer notre ensemble de test en véritable régie audio !


Sur la gauche le transport VRDS vu de dos et à ses côtés, sur la droite l'alimentation double mono séparée. Les fameux câbles de la première photo servent à les relier ensemble. Après cet assemblage, viendront s'y ajouter deux convertisseurs de 8 DACs chacun. Un convertisseur est utilisé par voie. Le transports et ces derniers sont reliés vers une horloge externe au Rubidium G-0RB.

jeudi 1 mai 2014

Banc d'essai - Absolute Creations USB-TIM




L’ouest de la France s’est paré depuis une bonne dizaine d’année d’un pôle technologique où s’exprime un espace de créativité. Outre les pépinières et technopoles, des talents s’expriment également en haute-fidélité. Absolute Creations n’est pas un autre Wireworld nord-américain, mais bien de chez nous. Une fabrication artisanale de petite PME avec un esprit très professionnel se cache derrière une marque, qui se veut puriste et musicale sans compromis.

La gamme

Absolute Creations affiche une gamme de câbles plutôt complète. Le premier palier s’appelle ES-TIM. Entrée de gamme, il se décline en modulation, secteur, HP, jumpers et coaxial S/PDIF. 

Au palier suivant, OP-TIM se décline quant à lui sur secteur, modulation, modulation XLR, HP. 

Les gammes suivantes sont plus à destination des appareils hauts de gammes. On trouve en premier lieu IN-TIM en modulation, secteur, HP, jumpers et coaxial S/PDIF. Puis UL-TIM. En modulation, secteur, HP, jumpers et coaxial S/PDIF.

Enfin, TIM-Référence propose les démonstrations du savoir de l’entreprise avec des produits sans aucun compromis.

La dématérialisation

L’intérêt pour la dématérialisation grandissant, les constructeurs s’intéressent tous de plus près à la possibilité de brancher un ordinateur sur les équipements de haute-fidélité. Même les derniers amplificateurs à tubes du moment embarquent désormais des convertisseurs et proposent une connexion USB ! 

C’est donc que tout naturellement que j’ai porté mon attention sur ce qui se fait de mieux chez Absolute Creations en la matière. Nos roannais fabriquent depuis quelques années ce type de câbles et déclinent d’ailleurs ce dernier en plusieurs versions. A force de tests, j’ai noté l’influence du câble USB sur la restitution. Au même titre que le câble S/PDIF, il influence en rendu final, mais naturellement pour des raisons différentes.

Construction


L’USB-TIM ne passe pas inaperçu. Muni d’une gaine tressée parfaitement ajustée, avec sa couleur gris perle il se distingue du noir traditionnel. Avec un choix de géométrie ronde, Absolute mise sur le contrôle de la propagation des des fronts d’ondes. Sans avoir démonté l’ensemble, on devine qu’il emploie des conducteurs de taille relativement faible, leur isolation garantissant la qualité du transport. Les prises USB sont munies d’un capot plastifié blanc. Leur texture facilite la bonne prise en main pour l’insertion et le retrait. 

Au premier regard, on pourrait prendre la bague plastique décorative pour une ferrite, mais il ne s’agit en fait que d’un système décoratif.

J’ai observé qu’en fonction de la qualité du blindage du câble la qualité générale du spectre audible et notamment des basses varie considérablement. Du fait des sensations un peu dures des restitutions numériques, plus le câble néglige cet aspect, plus cette sensation de rudesse est présente. L’USB-TIM est à ce titre un produit plutôt clair et détaillé. Il met l’accent à transmettre un message musical détaillé sur le medium, tout en gardant une excellente extension dans les extrêmes et une bonne assise générale.

Bien adapté je pense aux électroniques un peu colorées et à tube, il modère toute sensation de dérive dans l’extrême bas, mais retient également bien les duretés numériques et la sensation de distorsion. J’ai également trouvé que le haut du spectre ne manquait pas d’élégance, fin et détaillé, sans extraversion.

L’USB-TIM offre donc une très belle approche du message musical, marqué par une absence de projection, ni de renflement dans le bas-medium. C’est un vrai produit haut de gamme, il s’accommode assez facilement de divers modèles d’électroniques et apporte une restitution caractérisée par une belle matité. Un léger manque de matière dans le bas médium offre en contrepartie une transcription avec grande clarté des petits détails sur les transitoires. La justesse des timbres, les tessitures et harmoniques des instruments au naturel sont tous parfaitement respectés. 

Du côté de la scène sonore, l’USB-TIM affiche un réel caractère haut de gamme. Sans extraversion, il montre une image à la fois juste et soigneuse. Les placements instrumentaux dans l’espace, les déplacements latéraux et en profondeur sur mes plages de test, sont plutôt bien exécutés. 

Enfin, l’USB-TIM ne trahit aucunement les sources. Il s’abstient notamment de donner libre court à une quelconque caricature spécifique. J’ai particulièrement aimé son suivi des petites variations sur les lignes mélodiques. Sur la palette de timbres instrumentaux, j’ai noté tout au plus une légère simplification du fait du manque de matière dans le grave. Cela dit, je pense qu’il est préférable d’avoir ce style de restitution à une coloration dénaturant la lecture. 

En résumé

Absolute Creations propose un ensemble de produits d’excellente qualité avec notamment une ligne de produits spécifiquement étudiés pour le numérique. L’USB-TIM montre donc une excellente rigueur de fabrication et d’indéniables qualités à laisser la musicalité s’exprimer. 

Le site du constructeur : http://www.absoluecreations.com/
 

dimanche 27 avril 2014

Banc d'essai - Luxman P-700u

Inutile de vous le cacher plus longtemps, j'ai grandement apprécié l'écoute de cet amplification pour casque. D'une puissance sans limite et avec une bande passante réelle réellement étonnante, les mesures pour une fois ne mentent pas. Le niveau de bruit est réellement à un seuil d'inaudibilité et les petits signaux d'une précision extrêmes. Dépourvu de toute coloration comme les modèles à tubes, la spatialisation n'en pâtit pas pour autant, la scène est majestueuse et respectueuse du réel. 

Cela fait un moment que je n'avais pas écouté d'appareil de ce type. La classe A indispensable je trouve pour apporter la dynamique au casque sur un système a transistor est ici fort bien mise en oeuvre. On dit souvent que Luxman est en quelque sorte l'Accuphase "bon marché". Il est clair que le sus-cité à intérêt à réagir rapidement sur ce terrain, car manifestement, pour mettre la barre plus haut à coup d'appareil transistorisé, il va falloir déployer une certaine énergie...

Dans l'esprit des produits de la marque, le lettrage et le style sont identique aux autres produits. le P-700u est fini avec précision, notez les chanfreins et les tours d'entrées sur la façade. 


En interne, tout respire le haut de gamme, cuivre et câblage en l'air soigneusement attaché. On distingue le transfo réalisé sur mesure pour le produit :


discrètement installé en tête de circuit d'amplification des potentiomètres de réglage du voltage sont disposés pour permettre aux ingénieurs d'affiner les réglages au maximum d'un appareil à l'autre. On note également les nombreux relais et commutateurs de circuits présents, notamment sur les cartes en 3D :


Le soin apporté aux liaisons de façade est exemplaire, chaque soudure est protégée sous une gaine thermo individuelle.

La régulation et le filtrage en tête d'amplification :


Ici, on voit bien la symétrie et les 3 modules en 3D disposés sur les rampes d'amplifications :


Alimentation Luxman, même les capacités sont fabriquées sur cahier des chages :


Aux entrées lignes, les relais dispatchent les signaux individuellement :


Vue sur les  modules Luxman, les composants sont spécifiques, notamment le chipset recouvert d'une couche de cuivre pour l'isolation :


L'utilisation des montages en 3D est omniprésente :



lundi 14 avril 2014

Banc d'essai - Gato DIA 250

GATO AUDIO DIA-250, amplificateur-convertisseur intégré


Élégance et Design


Le constructeur danois est présent sur le marché du haut de gamme depuis 2009. Constituée de professionnels aguerris dans le domaine de la haute-fidélité audiophile, Gato débarque donc en France. Assez discret dans sa communication, le look de ses électroniques tranche considérablement avec le design traditionnel. Le DIA se décline en deux gammes, le 250 et le 400 qui présentent respectivement 250W et 400W de puissance. Ces amplifications à contrario de son AMP-150 en MOS-FET, sont entièrement en classe D. Pour autant à l’instar de produits comme chez NAD, l’amplification n’est pas numérique et reste classique. Cette implémentation de la classe D apporte l’énergie nécessaire à reproduire une musique rythmée et détaillée. 



Combinant à la fois un préamplificateur, blocs de puissances et convertisseur, nous avons noté que ce dernier repose sur ce qui se fait de mieux chez Burr Brown à l’heure actuelle.
Le DIA s’oppose donc sur son habillage à toute construction traditionnelle. Une forme arrondie, un plaque supérieure usinée et décorée sur mesure, des radiateurs courbés et élégants sur le côté sont autant d’atouts qui peuvent séduire. On ne pourra donc pas se plaindre du manque de « WAF », car l’appareil se veut donc résolument fait pour en imposer dans son salon ! Sur la façade épaisse d’aluminium brossé un bouton rotatif permet de gérer le volume. Sa télécommande offre également la sélection des sources et du volume. L’affichage est réparti des deux côtés du volume central, voilà qui est également très original !



A l’arrière de l’appareil nous trouvons deux jeux d’entrées en RCA pour des sources analogiques. La touche haut de gamme vient par la présence d’une paire de prises XLR pour connecter une source symétrique. Des prises asymétriques et symétriques analogiques en sortie sont également prévues pour aller attaquer des blocs de puissance externes. Les entrées disponibles sont classiques, coaxiale S/PDIF, fibre optique TosLink et USB 2.0 asynchrone pour ordinateur. 

La section numérique est isolée de l’amplification en classe D et du traitement analogique de préamplification. L’alimentation est d’ailleurs située sous un blindage métallique dédié à l’arrière de l’appareil. Gato est resté classique et utilise le montage sous licence BO de type Ice Power.  L’écoute de cet intégré nécessite une bonne chauffe pour qu’il s’exprime à plein. A froid, on pourra détecter une légère aseptisation des timbres qui s’estompe au fil de la montée en température. De plus, le volume linéaire peut à certain moment surprendre en comparaison du volume logarithmique traditionnel, il faut tourner le bouton quelque peu pour atteindre un niveau sonore confortable.
Sur des enceintes un peu molles, il faudra veiller à utiliser le modèle 400, le 250 montrant quelques difficultés à reproduire les transitoires à haute vitesse sous 70% du volume. Quoi qu’il en soit, l’intégré a du caractère, il est très rapide et dispense une image stéréophonique généreuse. Presque plus pêchu qu’un Naim 282 et sans sa coloration caricaturale, il a tout pour surprendre à ce niveau ! La scène sonore pour y revenir est généreuse, mais sans extraversion. Comme souvent sur les amplifications en classe D, le détail ne se perd pas dans une holographie suggestive de système à tube et reste respectueuse. Le progrès à ce niveau est manifeste même s’il est moins flatteur. J’ai notamment bien apprécié sa fermeté du bas du spectre et avec ses infragraves qui ne bavent pas. Le bas medium est légèrement aseptisé, apportant une écoute à la fois détaillée et riche mais pas chaude. Ce style n’a pour autant rien de décevant, il correspond à une esthétique sonore que d’aucuns apprécient. Sur le medium, les voix sont également riches et détaillées. Le délié instrumental est à tout moment agréable, sans heurts, tout en présentant une légère simplification si l’on compare aux ténors du haut de cette gamme. Ce caractère affirmé est complété très naturellement par une extension dans le haut du spectre sans agressivité. Le produit est mat et entend le rester. J’ai pu notamment observer sa très bonne lecture des octaves médianes au piano et des petites notes frappées qui souvent se noient sans harmoniques sur l’extrémité de la main droite.

Du côté des entrées, l’analogique offre des performances excellentes, avec un niveau de bruit minimal et un souci du détail qui fait presque pâlir le numérique. En S/PDIF, le couplage fonctionne également de manière uniforme, il est presque impossible de différentier l’analogique du S/PDIF. Et pourtant le traitement du signal est bien séparé. L’entrée USB présente, XMOS oblige une légère aseptisation complémentaire. Dommage, la sonorité analogique et S/PDIF était pourtant plus généreuse à mon oreille !

Synthèse


Le danois Gato est à mon avis trop discret en France. Bien distribué, le manque de publicité nuit à son expansion et notamment à faire connaître ses excellentes électroniques. Nous avions avec un ami découvert leur mise en œuvre au salon Haute Fidélité de l’hiver dernier avec un setup Fostex/wireworld. Le résultat nous avait séduit et ce nouvel essai en milieu domestique confirme la donne. Un excellent rapport qualité/prix pour du haut de gamme, des performances et une signature sonore affirmée, un look design. L’équation séduction est donc bien en place pour vous conseiller d’aller l’écouter.

Quelques données 


Origine Danemark
Prix public 3250 €
Puissance en sortie 250+250W sous 8 ohms
Réponse en fréquence 20 Hz-20 kHz - 0.5 dB
Ratio Signal/Bruit Plus de 110dB
Distorsion moins de 0.001% en sortie pré
Dimensions 32,5cm x 10.5cm x 42.0cm (LxHxP)
Poids 10kg
site web : http://gato-audio.com/dia-250.php


samedi 12 avril 2014

Banc d'essai - Digibit Aria


Dans la gamme des transports puristes très haut de gamme, Digibit entend bien se tailler sa place. Nous avons eu l'occasion d'échanger avec son patron, Juan Jose Perez à l'occasion de son passage à Paris. Au cours d'un long entretien, nous avons peu échanger des points de vue divers sur la dématérialisation et évoquer avec plaisir l'industrie des télécom que nous avons tous deux partagés pendant de longues années.

J'avais eu l'opportunité de tester il y a un mois l'intégration Aria dans l'Oppo BD-105EU dont vous retrouverez les éléments dans Haute Fidélité. Cette mouture m'avais semblé intéressante, bien que présentant quelques dysfonctionnement. Le logiciel a été depuis mis à jour et celui que nous avons reçu chez Stéréo Prestige & Image ce mois-ci est bien plus stable. Ne pouvant tapisser la revue d'images, je poste donc ici le complément de l'article sous forme de vues internes et de l'application.

Vue interne de l'appareil

L'organisation interne est claire, carte numérique isolée à l'arrière, alimentation sur le côté gauche près du disque dur et de la carte ordinateur que l'on voit ici en haut à gauche de l'image :


Un micro-ordinateur créé sur mesure, carte mini de facto, avec m-Sata et contrôleur RAID intégré, 3 ports USB utilisés, 1 vers la carte son, 2 vers le châssis à l'arrière :


L'alimentation à découpage cachée derrière son blindage peut être upgradée en version linéaire :


La carte son numérique est équipée d'une logique relativement courante, FPGA et transceiver USB pour la liaison vers la carte mère. On y trouve une dose de régulation et d'isolation galvanique près des sorties.


Sur cette vue on voit les composants en situation plus clairement et notamment les deux horloges pour gérer les multiplications de fréquences proprement :


Vue de l'application iPad


Une sélection par liste de lecture :


Style d'affichage en mode vignette, exemple avec les albums :


Sélection par liste étendue, on accède à plus d'informations sur les plages :


 Le mode de sélection par vignette à la racine du menu permet un choix par beaucoup de types de parcours de la bibliothèque :


 Le paramétrage du serveur est totalement géré depuis l'application, on voit ici les fonctions principales, la gestion du taux de compression pour le streaming, la langue et l'accès à la configuration des arborescences à parcourir :


On voit ici la vue montrant l'espace libre sur le stockage interne du serveur et les fonctions permettant l'ajout de musique depuis le réseau (copie vers le disque local ou référencement uniquement), copie de musique à partir d'un disque local branché sur les ports USB :


Parcours d'une arborescence sur un NAS réseau, l'ajout se fait et la bibliothèque s'enrichit en arrière plan sans intervention :


En zoom sur un album, la vue simplifiée montre juste les titres :


En zoom, la vue enrichie apporte plus d'informations comme le bitrate qui renseigne sur l'échantillonnage réel :

La vue par vignette n'apporte pas dans ce mode de grande amélioration, elle est à mon sens à éviter !


 Les listes de lectures se populent automatiquement pour noter les derniers ajouts, les éléments écoutés récemment, etc... :

En lecture de plage, on peut à l'aide d'un menu voir l'ensemble des plages de l'album en question et le noter (étoiles) :


Synthèse

L'Aria est une transport audiophile très haut de gamme. De conception originale en regroupant le meilleur de ce qui existe dans le monde du PC Audiophile, il propose une agrégation sous forme de bibliothèque unifiée entre disque local et réseau. Le son peut être dirigé, soit vers les sorties locales de la machine via ses sorties numériques, soit vers des lecteurs UPNP compatibles DLNA ou Airplay. L'Aria fait alors office de serveur de média et transcode le flux jusqu'à 320 kb/s vers le récepteur.

L'implémentation est d'une approche puriste, avec une alimentation à découpage qui peut être mise à jour vers une version linéaire (disponible fin Mai 2014), une section numérique sous forme d'une carte USB délivre un flux bit perfect à tout DAC disposant d'une entrée I²S, AES/EBU ou S/PDIF. L'ordinateur embarqué est construit sur cahier des charges, high end oblige ! La ventilation est absente du fait de la faible chauffe de l'ensemble et de la géométrie du châssis avec ses évacuations latérales et ses radiateurs en aluminium de 6mm. On peut tout au plus regretter l'absence de filtrage du bruit généré par le disque dur pour le stockage....

Le modèle de base tourne autour de 4000€ avec un stockage interne intégré de 1To. Pour environ 100€ de plus on peut avoir 2To, arrivé à ce prix, faut-il y réfléchir deux fois ?