dimanche 29 mai 2011

ProAc Studio 130 et 140

Les enceintes ProAc sont inscrites dans une longue lignée d'excellentes enceintes de bilbiothèque qui font par ailleurs référence.


ProAc propose d'autre part une série de colonnes, dont les performances et la musicalité sont variables. Avec plusieurs tentatives dans la série "D" dont nous reparlerons ultérieurement, se trouve intercalée entre les enceintes de bibliothèque et les grosses colonnes la série Studio.


D'un excellent rapport qualité prix, les deux modèles proposés constituent une alternative intéressantes dans leur gamme. Construites solidement, les version Studio 130 et 140 offrent une restitution charnue et vivante. La dynamique est au rendez-vous avec une forte propension à traduire la rapidité et les détails avec aisance.

            
Studio 140                     Studio 130


la Studio 130 est construite autour d'un couple de haut-parleurs (25mm+165mm) offrant un rendement annoncé de 88.5db à comparer à la Studio 140 dont les 3 haut-parleurs (25mm+2x165mm) offrent 91db. S'il n''est naturellement pas raisonnable de se fier complètement aux données annoncées, il est vrai qu'à l'écoute, la version 140, outre son aisance supplémentaire dans le bas du spectre, offre une image plus détaillée et une plus grande réalité couplée à différents amplificateurs. Il existe désormais une seconde version de la Studio 140 dont notamment le filtrage a été légèrement amélioré.


Si l'on ne peut qualifier ces enceintes de parfaitement neutres, offrant un grain exceptionnel de medium qui apportent vitalité et impression de réalité, elles restent tout de même sur un timbre fort réaliste et s’accommodent principalement d'électroniques  peu colorées. A l'aise sur tous les styles, elles sont nous semble-t-il plutôt à l'aise sur des reproductions de petites structure, studio ou des formations orchestrales de taille moyenne. Pour reproduire une grosse masse orchestrale, la recette n'est pas miraculeuse et la taille de ces enceintes ne le permet pas totalement avec réalisme.


La précision du medium et du haut du spectre est fort respectable et permet à l'aide d'électroniques de haute qualité de saisir à la fois la réalité des timbres, les placements d'instruments et une scène sonore plutôt agréablement étendue à la fois en largeur et en profondeur. Il faut d'ailleurs noter que le filtre semble bénéficier de l'adjonction de RendiStor (voir l'article sur le sujet sur le blog). Le bi-câblage n'apporte quant à lui pas grand chose, par contre le remplacement des straps fournis par un morceau de câble montre un meilleur équilibre tonal et une meilleure clarté du haut medium.


La Studio 130 offre une restitution suffisante pour l'écoute du classique et du jazz acoustique. La version 140 sera sans aucun doute appréciée pour son apport supplémentaire dans l'assise de la contrebasse et des guitare électriques dont les descentes quelquefois abyssales restent ferme et détourées, sans bavures sur des électroniques de bonne facture. Il s'agit de modèle que l'on peut trouver plus aboutis que les premiers modèles de la série D, qui possèdent certes un medium plus détaillé, mais un "fruité" plus frustrant à l'écoute tout de même fort claire et peu équilibrée en bas du spectre. 


Côté câblage, notre conseil se portera en premier lieu vers des câbleries fort neutres, allant de douce et ultra définies (Esprit High End Audio,  Goertz ou 47 Labs) à rapides et tendues en second lieu (Nordost). On évitera les modèles ayant tendance à  modifier les timbres (agréablement ou pas) ou mettre en avant une partie du spectre (MPC, Supra Ply). De même la placidité de ces modèles face à l'appel en courant ne s'accorde pas vraiment à l'utilisation de câbleries trop mates ou austères tels que les modèles de chez QED.


J'aime à utiliser quelques morceaux bien choisis pour voir certains paramètres comme la rapidité de l'enceinte à réagir à de fortes variations de niveaux ou à reproduire certains micro-détails que je sais présent et dont je connais la présence sans erreurs. Du coup, citer mes exemples, comme le font certains, ajoute une artificielle crédibilité dont bien sûr seul l'auteur est responsable :)


Je me contenterai donc de citer les références d'albums ou morceaux cités sans plus rentrer dans les détails sur les impressions qui restent des éléments liés plus ou moins aux goûts personnels plutôt que des éléments techniques terre à terre.


Partie de ma discographie de test :

  • William Sheller et le le Quatuor Stevens - Babayaga - 2007 : prise de son, aptitude à reproduire un quatuor sur un morceaux lourd dans le bas du spectre, respiration des interprètes
  • Stevie Ray Vaughan - couldn't stand the weather - tin pan alley - 1999 : est-on réellement au paradis avec le timbre velouté de SRV sur une ligne de basse électrique  et de cymbales nettes et détachées ?
  • Tori Amos - Live at montreux - Crucify 1991 : foultitude de petits détails sur scène qui crédibilise la prise de son de près de Tori au piano, prise de voix exceptionnelle, respirations crédibles
  • Rachell Ferell - Livre at montreux - My funny valentine - 1997 : piano un peu acide, souffle de la prise de son analogique, voix ultra réaliste dans les nuances, ligne de basse électrique claire et harmonieuse
  • Keith Jarrett - Up for it  - My funny valentine - 2002 : respirations, résonance du piano toujours crédible et audible, prise de son batterie, pesée sur les cymbales 
  • Machico Takahachi - Concerto pour flute, cordes et basse continue en Ré mineur, H. 426, Wq. 22 - C.P.E. Bach : Timbre de la flute traversière, crédibilité des respirations, prise de son globale
  • Susuki Hidemi - 3 concertos pour violoncelle - Concerto No 3 en La WQ 172 - C.P.E. Bach : Plus pour l'interprétation que pour les paramètres techniques, l'émotion doit passer. Salle étendue et large, clavecin bien en place sans excès dans le haut du spectre, placement des instruments, j'adore !
  • The Beatles - Let it be - I've got a feeling - 2009 remastered : la voix de paul splendide et de john totalement exacte, sans trafic. Cymbales un peu trop présentes, brouillon du studio fort réaliste et la gratte parfaite...
  • Renaud et Gauthier Capuçon - Inventions - Suite française pour 2 piano No 2 - J.S. Bach - 2006 : timbres et placement, polyphonie entre violon et violoncelle
  • Eric Clapton - MTV Unplugged - Old love - 1992 : ambiance concert acoustique, jeu sur les cordes, multitude des instruments et de leur placement précis, la voix est moyenne en prise de son
  • Eric Claption - Stages - Have you heard - 2000 : saxo à gauche et basse à droite au premier plan, guitare légèrement à droite, clapton au centre, scène sonore crédible, voix et timbres fort bien reproduits. 
  • The Canberries - Single CD Live - Zombie - ? : prise de son concert excellente sur l'ambiance, guitare folk  électrisée claire et placée, cordes discrètes, voix juste et chargée d'émotion en retrait 
  • Dire Straits - Communiqué - where do you think you're going ? - 2000 (not remastered version) : Précision dans l'enregistrement excellente, les micro-détails foisonnent, la voix de Mark est juste et chargée d'émotion
  • J.J. Goldman - En passant - Quand tu danses (HDCD) - ? : Détails et intimité de l'enregistrement studio
  • Elton John - Made in england (live) - The one - 2005 : scène live réaliste, prise de son un peu rapprochée du piano et reverb
  • Katie Melua - Katie Melua collection - what a wonderful world (attention l'album est moins bien mixé que la compilation) - 2009 : Excellence des voix et détection de l'excès de coloration
  • The Nits - Urk (live) - Shadow of a doubt - 2006 : scène livre brute, placement des instruments, voix et micro-détails
  • Erwin Schott - Arias By Mozart, Verdi, Berlioz, Gounod & Meyerbeer - Don giovanni - 2008 : l'émotion doit passer dans les inflexions des micro-détails, interprétation excellente
A titre de conclusion, je trouve que ces enceintes sont un bon compromis plaisir / écoute s'accordant à la fois en taille à un salon et procurant une extension du spectre audible fort équilibrée. 

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