lundi 16 avril 2012

Jplay Release 4.2


Dans le domaine de la dématérialisation, l’expérience nous prouve tous les jours que des avancées sont toujours possibles. L’étude poussée des systèmes d’exploitations et leur interaction avec les logiciels de lectures, lorsqu’elles sont maîtrisées conduit à l’édition de logiciels d’exceptions capable d’apporter une lecture d’une musicalité jusque-là insoupçonnée.

Depuis deux ans, la petite équipe de Jplay travaille d’arrache-pied à l’élaboration d’un lecteur minimaliste sur environnement Windows capable de rivaliser avec nombre de transports haut de gamme. Un simple logiciel et quelques paramètres plus tard et votre ordinateur familial se transforme en platine de lecture dématérialisée d’excellence.

Les versions précédentes présentaient déjà un volant qualitatif important, apportant fluidité, transparence dans les timbres et une aération des instruments offrant une scène sonore en trois dimensions. Cette nouvelle version travaille sur les points faibles du système en apportant une méthode complémentaire de transport vers le pilote (driver) du DAC.

Outre quelques paramètres cosmétiques tels que la sélection d’affichage des compteurs ou non, je vais revenir essentiellement sur la qualité du son apporté par la section « drive Jplay ».

Les modes existants River et Beach sont toujours présents. A comparaison également, il semble que le rendu sonore dans ces modes soit différent des versions précédenets rendant la comparaison très difficile. En substance, leur signature sonore est toujours la même, le mode River offre une restitution plus ronde et moins détaillées que Beach. Il conviendrait je pense à une écoute longue sans fatigue de la radio internet par exemple qui s’en accommode particulièrement bien (jplay ne fait pas de streaming). L’image stéréo est naturellement de premier ordre, toujours largement supérieure à celle offerte par les logiciels intégrés, phénomène particulièrement flagrant sur de l’excellent matériel capable de beaucoup. River est un mode de compromis à la signature sonore très américaine, elle séduira sans aucun doute outre-atlantique les audiophiles.

Le mode Beach a me semble-t-il perdu quelque peu de sa transparence par rapport aux versions précédentes pour offrir une image plus aseptisée et analytique que précédemment. Plutôt sec, il conviendra à une écoute de jazz vocal par exemple sur un système un peu descendant. Sur de l’électronique transparente, la clarté pourrait fatiguer à la longue, le détourage est important sans apporter suffisamment de micro-informations comme sur un drive haut de gamme. Les timbres ne sont plus comme dans la version précédente à leur avantage dans ce mode, fait excepté du mode d’hibernation où les différences entre modes deviennent ténues à identifier. En résumé je trouve que ce mode manque d’équilibre.

Le nouveau mode Xtreme fait la synthèse de l’ensemble et me rappelle plus les tons donnés par le mode Beach en mode d’hibernation de la version 4.1. La première étape consiste à sélectionner une plage courte de 30s et de répéter sa lecture en jouant sur la valeur de la mémoire à lui allouer. Mes réglages montrent que les valeurs extrêmes ne sont pas forcément les meilleurs, sur mon système de test, je me suis arrêté à 800, la valeur de 1000 donnait un excès de détails dans le medium, offrant une image déséquilibrée et caricaturale et montante.

La sensation d’écoute réelle est difficile à obtenir et notamment la fluidité du naturel sans la sensation de compression. Dans ce nouveau mode, malgré ses désagréments de pilotage dû à la mise en mémoire à l’avance d’environ 20 secondes, force est de constater que la musique revêt une image impressionnante de naturel, surtout lorsque l’on combine avec l’hibernation. Déjà, sans hibernation, on gagne en clarté et en aération au même titre que sur la version 4.1 en hibernation. Le gain est donc non négligeable dans la mesure où l’on est plus obligé de bloquer l’ordinateur pour obtenir un transport d’exception.

Le matériel utilisé : 

Spécifiquement prévu pour une restitution dématérialisée, il est composé :

  • D'un commutateur (switch) Apple Extreme avec ports Gb Full Duplex
  • De câbles Ethernet Catégorie 6 blindés et écrantés courants du commerce, les prises sont également blindées
  • D’un pc portable alimenté par une alimentation externe, Core 2 Duo, 6 Mo de RAM et disque SSD de 80 Go. Le PC est connecté au réseau en Ethernet à 1Gb/s Full Duplex.
  • Le système d'exploitation est Windows 7 Ultimate x64 SP1, l'optimisation apportée au système est conforme aux recommandations sur le PC Audiophile.
  • Câble USB Wireworld Platinum et Wireworld Starlight
  • M2Tech EVO alimenté sur batterie 12V
  • Câble Ethernet FTP Cat 6 blindé, écranté et blindé sur les prises
  • M2Tech DAC alimenté sur secteur 9V, relié en I2S à l'EVO
  • D'un NAS de 2 To connecté à 100Mb/s Full Duplex
  • D'un iPhone 4 servant de télécommande avec l'application Remote connecté en wifi sur l'Apple Extreme
  • Le logiciel de lecture est foobar2000 couplé à JPlay V4.2 ou JPlay mini en mode Hibernation/Fullscale/Xtreme


Le reste de la chaîne de reproduction reste à iso périmètre pour les comparaisons, à savoir des câblages YBA Diamond, Préamplification et Amplification à base Vecteur sur mesure, Enceintes ProAc D28.

L’écoute :


Sur Katie Melua, Katie Melua Collection, What A Wonderful World, l’inflexion des voix est emprunte d’une richesse inhabituelle en proposant des nuances très réalistes, la séparation des chants est aisée sans sensation de compression des plans. La coloration naturelle voulue au mastering reste discrète et assure une ambiance jazzy parfaitement naturelle.



Sur Stacey Kent, The boy next door, les nuances de la voix de la chanteuses sont à la fois riches et chaudes, malgré la coloration excessive appliquée à l’album. Le placement du piano est précis, les extinctions de notes d’une pure lignée jazzy, feutrées et cosy. Les balais du batteur sont également fort bien placés dans l’espace et leur son est crédible.



Sur Elton John, Made in England, The One, la prise de son live tout à fait inédite laisse passer une multitude de résonnances mettant en valeur les erreurs de prise de son tout en apportant son lot de véracité. L’écho de la voix du chanteur parait réellement s’étendre à l’infini de la scène et se trouve crédibilisé par les applaudissements d’une qualité excellente également.



Sur Viktoria Mullova, Sonatas & Partitas for solo violin, partita no.3 (bwv 1006) – menuet, les cordes sonnent fort juste, les attaques de l’archet sont majestueuses, captant les moindres inflexions des cordes et la résonnance du lien d’enregistrement. Le violon sonne donc juste, sans excès, tout en conservant le petit côté pinçant du haut du spectre que l’on retrouve au contact de l’instrument réel.




Sur Erwin Schrott, extrait de ‘le nozze di figaro’, le ténor nous offre la majesté de sa puissance vocale avec un réaliste saisissant. L’orchestre l’entoure à la fois en largeur et profondeur, on positionne Erwin Schrott dans l’espace sans soucis et l’on suit les moindres inflexions du chant au rythme fluide de l’orchestration.




Sur Bill Evans Trio, Portrait in Jazz, Witchcraft, le piano présente une palette de tonalités excellente, la frappe des touches est perceptible sur un fond de batterie discrète et parfaitement audible. Le jeu de contrebasse est également excellent, dégraissé, ferme et respecte les attaques des mesures avec précision et fluidité.




Sur Dire Straits, Communiqué, Where do you think you’re going, l’introduction à la guitare folk est precise, la voix éraillée de Mark Knopfler juste et nuancée. Le mariage de l’électrique et de l’acoustique marche en conservant le placement même quand la ligne de basse vient se superposer dans l’espace d’une manière très précise.



Sur Ben Harper, Welcome to the cruel world, Forever, les sonorités de guitare sèche sont excellentes, les coups sur la caisse fort réalistes. La voix du chanteur emplie de nuances et parfaitement détachée du jeu de l’instrument, on positionne également facilement les micros dans l’espace au-dessus de l’instrument ce qui est relativement inhabituel.



Sur The Nits, Urk, A touch of Henry Moore, le jeu des instruments multiples superposés est parfaitement audible sans crispations, la voix du chanteur se détache parfaitement avec un réalisme excellent. Les colorations des instruments électroniques et bruitages apparaissent avec un naturel saisissant. De même sur Shadow of a doubt, les cordes de la guitare folk et le type de caisse sont fort reconnaissables. Le xylophone superposé dans l’espace est parfaitement placé, les chants sont d’une distinction exemplaire.



Sur Nirvana, MTV Unplugged, Polly, l’impression de se trouver sur le plateau au milieu des artistes est bien reproduite. Le mordant des guitares électriques sur la voix de Kurt est en parfait accord, la fluidité est parfaite, les extinctions de notes en accord avec le rythme, la basse d’une fermeté parfaite.




Sur Sade, Live, No Ordinary Love, la séparation des plans est excellente, l’impression de suivi d’une scène légèrement surélevée, le placement des instruments et de la chanteuse est précis. Malgré l’ambiance concert, l’ensemble reste parfaitement audible et sans duretés.


Conclusion :



L’écoute de cette nouvelle version peut paraître déroutante au premier abord du fait que les modes que l’on avait identifié auparavant ne fonctionnent pas exactement comme cela était en livrant un son relativement différent. A l’aide du nouveau mode Xtreme, on reproduit aisément le comportement précédent et même mieux si l’on considère la matière sonore et la précision du placement des instruments. Actons donc de l’avancée technique mise en œuvre ici à nouveau par Josef Piri qui nous livre une version logicielle du drive à quelques petites encablures de ce que l’on prétend attendre d’un mécanisme purement haut de gamme.

Site du constructeur : http://jplay.eu/




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